Polyglotte et citoyen du monde, Daby Touré était à Montréal ce vendredi soir. Une belle foule s’était déplacée pour assister au spectacle qu’il a donné au Théâtre Fairmount. En pleine tournée pour son nouvel album, « Amonafi », Touré a offert une superbe performance. Énergique et dynamique, il a apporté un peu de soleil et de chaleur avec lui.

« Amonafi » est un mot wolof qui veut dire « il était une fois ». Dans ce cas-ci, il fait référence au premier Homme sur Terre, qui est parti d’Afrique pour peupler toute la planète. Venant de lui, c’est particulier éclairant : il est né en Mauritanie, s’est déplacé vers le Sénégal et le Mali, et vit maintenant à Paris. Il en a parlé plus en profondeur avec notre collègue Séverine Baron (à lire ici). Reste que c’est un thème très porteur, surtout avec la « crise des migrants » des derniers mois.

Son plus récent album a donc été joué en bonne partie lors du concert d’hier soir, en plus de matériel de son répertoire. Le don mélodique de Daby Touré est évident, et ce n’est que plus frappant en spectacle. « Amonafi » est un album très accrocheur, avec quelques pièces qui pourraient bien lui ouvrir des portes et le faire entendre à la radio, dont les excellentes Woyoyoye, Kiba et Oma.

daby touré live

Daby Touré et son groupe, photographiés par Laurence Blais

Il tisse de superbes mélodies folk-pop, avec d’énormes influences de ses racines africaines, et même un peu de reggae. Son jeu de guitare est splendide, qu’il soit rythmique, mélodique ou harmonique. Il fait d’ailleurs plusieurs fois du rythme en tapant sur la caisse de résonance de la guitare! À d’autres occasions, il enregistre des motifs, les part en boucle sur son séquenceur et joue autre chose. Il faut également mentionner que Daby Touré est un excellent chanteur, avec un large registre. Sa voix peut atteindre de très hautes notes, tout en restant toujours juste.

Seul sur scène ou accompagné de ses deux très bons musiciens (Antoine Katz à la basse et Zach Mullings à la batterie), Touré a beaucoup d’aplomb et une grande présence scénique. Son énergie est contagieuse, même si ça prend six ou sept chansons avant que les spectateurs ne se lèvent de leur siège pour envahir le parterre et danser comme il se doit. À partir de ce moment, le spectacle est autrement plus festif et dansant. Le party peut maintenant commencer !

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.