Le quatuor londonien Django Django se produisait ce dimanche soir au National, dans le cadre de la tournée de son plus récent album, l’excellent « Born Under Saturn ». Une foule malheureusement parsemée (le balcon était fermé) a compensé son petit nombre par une énergie incroyable, dansant sur les rythmes entraînants de la formation composée de David Maclean, Vincent Neff, Jimmy Dixon et Tommy Grace. Toute l’énergie du groupe n’a cependant pas compensé pour une sonorisation déficiente. La balance sonore délicate de la musique travaillée et imaginative du groupe n’était pas à la hauteur lors de ce spectacle.

Il ne fallait évidemment pas s’attendre à écouter les deux albums du groupe reproduits de manière identique sur scène : à ce compte, aussi bien rester chez soi! Mais plusieurs éléments étaient décevants dans les circonstances. Premièrement, les voix étaient très souvent enterrées dans le mix. On avait peine à comprendre ce que le chanteur disait. Ensuite, les synthétiseurs avaient tendance à créer une sorte de tourbillon et à écraser un peu trop les autres instruments. Les synthés créent beaucoup d’effets psychédéliques dans la musique de Django Django, mais ils faisaient plus embrouiller le son que les sens…

Voilà pour le pot. Malgré cela, on a eu de très bons moments lors de ce spectacle. Étonnamment, le son de la guitare était très bon en général. D’inspiration surf, les très bons motifs à la guitare de Shake And Tremble et de Hail Bop ont été rendus de belle manière. Les rythmes étaient puissants et les attaques étaient à point, notamment sur la très bonne Storm.  Un saxophoniste s’est joint au groupe pour l’excellente Reflections. On aurait d’ailleurs pris un peu plus de cet instrument qui apporte une touche particulière à la musique du quatuor, alors qu’on l’a entendu sur une seule autre pièce.

On a finalement eu droit à une orgie de sons et de lumières. Le volume était sûrement près du maximum, et les éclairages étaient dynamiques et vivants. Les jeux de lumières étaient certes un peu aveuglants par moments (et déconseillés aux épileptiques), mais c’était tout de même très réussi et en phase avec la musique. C’est seulement dommage qu’une sonorisation moyenne n’ait pas rendu justice à l’excellente musique du groupe. Mais ça n’a tout de même pas gâché la soirée non plus. C’est dire comment Django Django est un groupe hors du commun.

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.