Il y a de ces choses qui surprennent… mais qu’on avait vu venir… du moins en partie! Sur son nouvel album intitulé « Après », le Godfather of Punk lui-même, l’Iguane du rock, l’homme qui se brisait du verre sur le torse en concert et qui a bouffé trop de drogues dures par moments, Iggy Pop, donc, chante les grands classiques du la Chanson Française (avec des majuscules s’il vous plait)!

 

Et si tu n’existais pas (Joe Dassin), La Vie en rose (Édith Piaf), La Javanaise (Serge Gainsbourg) et Les Passantes (un excellent titre de Georges Brassens a écrit, mais jamais enregistré, mais que Francis Cabrel a interprété il y a quelques années) passent à la moulinette de célèbre et fougueux Iggy. Déjà, le précédant album de Monsieur Pop, “Préliminaires” (2009) tendait vers le vieux jazz et la chanson. Cette fois, il y va sans retenue et chante l’Amour de sa riche voix grave et douce.

 

Si je dois avouer qu’il s’en sort bien, je ne peux pas m’empêcher de sourire à voir cet homme qui était si fou et si exubérant jadis interpréter de jolies ballades, aussi jolies et grandioses soient-elles. En chantant aussi délicatement, on peut apprécier la riche tonalité de la voix de l’Iguane. On croirait la réincarnation de Johnny Cash! Chose plutôt marrante, il commente chaque titre par écrit dans la pochette du CD, justifiant ses choix et expliquant ses coups de cœur. Un malaise persiste à le voir drapé dans son long manteau blanc haute couture, alors qu’on est plus habitués de le voir torse nu, se coupant la peau…

Oui, on parle bien de ce Iggy:

 

 

Au moins, Iggy Pop s’est fait bien conseiller et ne chante pas de la variété de m… mais de grandes chansons, signées par des légendes. En 1994, on se rappelle qu’il avait brillamment collaboré avec les Rita Mitsouko sur My Love is Bad, ainsi qu’avec Françoise Hardy sur I’ll be Seeing You. On a affaire à un véritable francophile! On espère maintenant que le showbiz de l’Hexagone ne va pas se l’approprier et l’entraîner à faire un album de duos avec Étienne Daho, Michel Fugain et Mireille Mathieu. Au mieux, on l’invitera au Festival de Jazz l’été prochain!

 

Ce n’est pas tout! Iggy Pop chante également Frank Sinatra (Only the Lonely), Fred Neil (Everybody’s Talking) et, tenez-vous bien, Yoko Ono (I’m Going Away Smiling). Celles-là sont moins intéressantes, à mon avis. Plusieurs chanteurs pop rock ont déjà faire des versions jazz sirupeuses (comme Rod Stewart, pour ne pas le nommer) et celles d’Iggy n’apportent rien de nouveau à l’univers musical, autre que par rapport à son parcours à lui.

Sa vision de Michelle, des Beatles, est sympathique mais plus mielleuse, pas si éloignée de l’originale. À moins de s’appeler Bill Frisell, c’est difficile de jouer avec de si belles mélodies.

Bref, un album surprenant, amusant, conçu pour les curieux plus que pour les jazzivores!

IGGY POP
Après
(Thousand Miles, 2012)

-Genre: curiosité pop franco

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.