La guitare et le piano sont mes instruments préférés. Je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte. J’aime l’artiste et l’expression de son art avant l’instrument qu’il utilise, mais purement, s’il y a un instrument dont je ne me lasse pratiquement jamais, c’est la guitare. Qu’elle soit classique, acoustique, électrique, branchée à toutes sortes de pédales à effets, j’adore la guitare. J’aime beaucoup le piano classique (et préparé) mais j’ai un peu plus de misère avec certains sons de claviers. Je me tanne des solos de batterie, du clavecin et de l’orgue, mais la guitare est vraiment l’instrument qui me fascine le plus.

Récemment, je suis retombé en amour avec le jeu du grand maître de la guitare classique, Julian Bream. Il y a beaucoup d’excellents guitaristes classiques, mais Bream est celui qui a, à mon oreille, le jeu le mieux senti, qui réussit à extraire une sonorité si veloutée, si élégante de sa guitare.

Durant le troisième mouvement, la Sarabande, de la Suite pour luth en mi mineur BWV 996, composée par Bach quelque part entre 1708 et 1717, on peut apprécier tous les changements d’intensités. Il laissera sonner quelques notes plus longtemps, avant de pincer les suivantes. Il déposera certains phrasés avec une telle délicatesse qu’on dirait qu’il pose un nouveau-né dans son berceau sans le réveiller. C’est rien de moins que magnifique.

 

Le jeu de Julian Bream est délicat comme une douce brise, mais peut également être très solide, dynamique et d’une précision remarquable, comme on peut le constater dans la célèbre Bourrée de cette même Suite.

 

Je ne sais pas si Julian Bream utilisait des méthodes d’enregistrement différentes des autres guitaristes de musique classique, mais à chaque fois que j’écoute ses interprétations, je suis captivé par la profondeur du son de sa guitare, comme s’il allait chercher une réverbération naturelle additionnelle de son instrument.

 

Né en 1933 à Londres, Julian Bream a largement contribué aux lettres de noblesses de la guitare en musique classique. Fils d’un musicien amateur et d’une mère aimante, Bream apprendra d’abord par lui-même la guitare jazz et deviendra dès l’âge de 12 ans un jeune prodige, jouant en concert dans de prestigieuses salles de Londres. C’est dans les années 60 qu’il deviendra un artiste international, multipliant les tournées et enregistrements à travers le monde. Aujourd’hui âgé de 82 ans, il performe toujours aussi bien. Bream raconte ses années de collège, dans l’entrevue ci-dessous.

 

Parmi les nombreux disques que Julian Bream a enregistrés durant sa glorieuse carrière, je vous recommande ces deux-là, pour commencer. Le second fait partie des disques vinyles que j’ai ramenés de ma petite virée à Seattle. C’est chez Bop Street Records que j’ai eu le plaisir de faire cette magnifique découverte.

julian bream baroque guitar

JULIAN BREAM
Baroque Guitar
(BMG, 1965)

julian bream J.S. Bach, Lute Suites Nos 1 and 2

JULIAN BREAM
J.S. Bach, Lute Suites Nos 1 and 2
(RCA, 1966)

-Genre: musique classique
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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.