Le groupe californien La Luz était de passage à Pop Montréal à l’automne 2014. Si vous les avez vus au Club Soda (en première partie de Ty Segall), vous aurez constaté que leur surf rock est entraînant (Sure As Spring), mais aussi vaporeux et mystérieux (All The Time). Mais malheureusement, le chant de Shana Cleveland n’est pas aussi transcendant que celui de Molly Rankin (d’Alvvays) par exemple, ce qui empêche les chansons de La Luz de vraiment décoller, sur disque. N’est pas grande chanteuse qui le veut.

Il reste que la musique du groupe est intéressante parce que très typée. Avec La Luz, on replonge dans une époque musicale révolue (Morning High) qui renaît le temps des 33 minutes de cet album, leur tout premier en carrière. La Luz s’est formé en 2012 à Los Angeles par quatre demoiselles : Shana Cleveland, guitare et chant, Marian Li Pino, batterie, qui jouaient toutes deux avec The Curious Mystery, un band de Seattle, ainsi qu’Alice Sandahl, claviers, et Abbey Blackwell, basse. Cette dernière quittera le groupe en 2014 et sera remplacée par Lena Simon, quelques mois après que le groupe ait été victime d’un grave accident de la route.

 

Alors qu’ils touraient avec le groupe Of Montreal en novembre 2013, le van du groupe s’écrase sur un rail d’autoroute puis se fait emboutir par un semi-remorque. Les filles sont blessées, les instruments détruits, la tournée terminée.

Pour en revenir à « It’s Alive », il ne s’agit pas d’un mauvais album – loin de là –, mais le manque de pièces enlevantes en fait un agréable moment, sans plus (What Good Am I). Dans les mains d’une auteure plus solide, comme Cat Power, par exemple, ce groupe s’élèverait à un niveau bien supérieur. Les phrasés de surf guitar demeurent les plus intéressants (comme sur Sunstroke) parce qu’ils ressuscitent un style musical des années 60, mené par Link Wray et Dick Dale.

Mais autrement, d’autres groupes, comme les Allah-Las ou Alvvays possèdent de bien meilleures qualités musicales, notamment au niveau mélodique (Big Big Blood est peut-être la meilleure du lot). Au mieux, c’est le genre de disque qui sonnera bien dans une friperie de fringues usagées, parce qu’elle épousera les styles vestimentaires révolus, et plaira aux fans de cette époque.

la luz its alive

LA LUZ
It’s Alive
(Hardly Art, 2013)

-Genre : indie rock rétro
-Dans la même veine qu’Alvvays, Allah-Las, The Go-Go’s

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré plongeant dans tous les genres et époques, Nicolas Pelletier a publié 6 000 critiques de disques et concerts depuis 1991, dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Il publie "Les perles rares et grands crus de la musique" en 2013, lance le site RREVERB en 2014, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016. Il dirige maintenant la stratégie numérique d'ICI Musique, la radio musicale de Radio-Canada.