Entendons-nous: Neil Young est l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de l’Histoire du Rock. Hormis Bob Dylan, John Lennon et Leonard Cohen, peu peuvent se vanter d’être aussi bons sur une aussi longue période que le Grand Canadien. Je suis un fan invétéré du musicien dont j’ai tous les disques, des bootlegs et dont j’ai appris plusieurs des morceaux à la guitare (dans mon jeune temps).

Le grand Neil a commencé à fouiller dans ses archives et sans négliger sa production nouvelle (dont « Le Noise », primé Album de l’année aux Junos de 2011!), il lance une série d’enregistrements en concert, relatant ainsi ses performances des années 70.

 

Ces disques plongent dans l’ambiance des petites salles, voire bars, dans lesquels Neil Young jouait à l’époque. Aujourd’hui, on ne le voit que dans les grands amphithéâtres comme le Centre Bell. Idéal pour ceux et celles qui ne sont pas assez vieux pour l’avoir vécu, ou qui l’ont manqué à l’époque.

C’est en 1970 qu’on retrouve le légendaire songwriter sur le nouveau CD  « Live at the Cellar Door » qui a été lancé juste avant les Fêtes. Une petite salle devant un public appréciatif, mais pas exagérément enthousiaste. On retrouve un artiste au début de sa carrière solo, avec déjà un beau bagage de belles chansons (éventuellement des classiques) et une voix particulière.

 

L’entendre chanter Old Man avec passion et concentration est d’une beauté magique. Même si j’ai entendu cette chanson 1000 fois, je reconnecte avec grand plaisir et émotion en la redécouvrant dans cet enregistrement live. Il y a un charme nouveau à découvrir cette interprétation sensible, d’un titre tout frais pondu. Personne ne sait encore que ce sera un classique du folk rock. On y entend également Cinnamon Girl interprétée seul au piano, ce qui est une anomalie!

Et notre ami est assez clairement sous l’influence de la drogue! Lorsqu’il chante et joue de la guitare sèche, on ne s’en aperçoit pas. Mais entre certains morceaux, il s’aventure à jaser et blaguer avec son public, et c’est LÀ qu’on ne peut faire autrement que de constater que Neil Young aime le pot (ou sinon qu’il est un comédien hors pair!), ce qu’il n’a par ailleurs jamais vraiment caché. On se rappelle que durant les années 70, il était de bon ton de faire comprendre que les rock stars abusaient des substances illicites et de l’alcool. Bien des histoires légendaires gravitent autour des excès des membres de Led Zeppelin, The Doors, Jimi Hendrix et Janis Joplin, pour ne nommer que les plus célèbres. Je vous en raconterai, un de ces quatre…

Le concert au Cellar Door n’a pas été filmé, mais celui au Massey Hall l’année suivante l’a été. Voici le classique Heart of Gold, alors présenté comme une « nouvelle chanson weird ».

 

Pour en revenir à Neil Young, c’est en riant avec son public qu’il tente d’expliquer pourquoi il aime les pianos à queue longs de 9 pieds (une rareté parait-il) avant d’entonner Flying on the Ground Is Wrong (inédite). Et durant cette intervention, il est clair que notre ami n’a pas les idées claires. Et ce n’est que drôle: rien de tragique n’est arrivé à Neil Young en lien avec la drogue, alors on ne peut qu’en rire aujourd’hui.

Ainsi donc, ce nouvel album “live in the 70s” est un superbe moment à passer avec un artiste en pleine possession de ses moyens, bien qu’en début de carrière, devant un public restreint, comme si vous y étiez. Les fans vont capoter, les autres vont découvrir un grand musicien.

Neil Young a commencé à sortir ses « Archives Performance Series » en 2006. Les collectionneurs ont déjà pu écouter les albums live suivants : « Live at the Fillmore East », « Live at Massey Hall 1971 », « Sugar Mountain – Live at Canterbury House 1968”, “Live at the Riverboat 1969”, “Dreamin’ Man Live ’92” et “A Treasure”. Il compte 34 albums studios, depuis 1968, en plus de ceux enregistrés avec Buffalo Springfield et Crosby Stills Nash & Young.

Plus récemment, notre folk singer national s’est impliqué dans la lutte aux sables bitumineux. Il ne s’est pas fait un ami de Stephen Harper (lire l’article ici).

Une légende qu’on ne se lasse pas de redécouvrir.

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NEIL YOUNG
Live at the Cellar Door
(Reprise, paru en 2014, mais enregistré en 1971)

-Genre: folk

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.