SAMEDI 2 AOÛT

Ce que j’aime bien à Osheaga, c’est flâner d’une scène à l’autre, durant toute la journée, puis en soirée. Prendre une pause fraîcheur ici et là. Casser la croute, prendre une bière ou une limonade alcoolisée alors que le soleil plombe pour ce (habituellement) beau weekend. C’est un peu comme être en vacances, tout en restant à Montréal. Les gens sont beaux, plusieurs accoutrés de façon rigolote, la plupart ne se prennent pas au sérieux et passent du bon temps avec une troupe d’amis.

Lorsqu’on couvre un tel festival pour un média, il y a un peu moins d’amis puisqu’on travaille plus en solo, mais ça donne ainsi le temps de rédiger les nombreux articles suite aux concerts vus. C’est, mine de rien, beaucoup de travail. Mais c’est tellement agréable que ça en vaut l’effort.

La journée de samedi à Osheaga peut commencer très cool avec la pop de KEVIN DREW (13 h 00 Rivière), qui nous parlait de Good Sex il n’y a pas si longtemps, à moins que vous ne préfériez les hymnes imposants de WILDLIFE (13 h 00 Verte). À mon avis, l’un ou l’autre sera agréable en ce début d’après-midi.

Si vous aimez votre pop alternative un brin plus originale, je vous suggère plutôt de commencer par ROYAL CANOE (13 h 15 Arbres), ce band de Winnipeg qui a deux albums et des EPs à son actif, et qui a tourné avec Alt-J. Leur musique est plus syncopée, les mélodies plus flyées, à mi-chemin entre The Books et Vampire Weekend, disons.

A 13 h 45, les jeunes Australiens de KONGOS prennent d’assaut la scène de la Montagne avec leur pop accrocheuse et joyeuse. Les trois frères, fils d’un musicien important, ont tout raflé « down under » il y a quelques années et leur album « Lunatic » vient d’être lancé en Amérique. Vous avez assurément entendu Come With Me Now ou I’m Only Joking. Sinon, pesez sur PLAY ci-dessous.

Si ce type de musique ne vous convient pas, l’électro pop du duo Montréalais BEAT MARKET  (13 h 35 Piknic) vous allumera sans doute davantage.

Personnellement, l’espèce de dark pop planante et hypnotique de THE BELLE GAME, quintet de Vancouver (2 filles 3 gars), m’intrigue. En plein jour et sur une scène extérieure (13 h 55 Vallée), ça peut être magique, comme la sauce peut ne pas prendre. Mais c’est un risque que je suis prêt à prendre. Manquer le punk rock d’AGAINST ME! (14 h 20 Rivière) ou la soft pop 80s de ST. LUCIA (14 h 10 Verte) ne sera pas une grosse perte.

Tout de suite après, j’accourrai à la scène des Arbres pour 14 h 35, moment où débutera le concert des sympathiques WILD CHILD, groupe indie pop d’Austin. Leur énergie positive me rappelle Frente! alors que leur musique se rapproche un peu de celle de Moriarty, avec banjo et violon et couleurs americana, en moins typée. Le sourire dans la voix de Kelsey Wilson est contagieux et charmant.

A 15 h 15, scène de la Vallée, le folk rock de Reuben Bullock prend forme en band sous le nom REUBEN AND THE DARK, récemment signé chez Arts & Crafts. Si jamais ce n’est pas convaincant, il y a toujours les LOCAL NATIVES, de Los Angeles, qui seront à 15 h 40 sur la grande scène de la Rivière avec leur rock alternatif intense et assez syncopé, mais à 15 h 55, on retourne sous les Arbres où l’ami JIMMY HUNT sera installé avec son band et ses chansons cyniquement romantiques. C’est toujours un plaisir d’aller voir l’ex-leader de Chocolat chanter, et on va en profiter une fois de plus.

Après Jimmy, il y a VOLACANO CHOIR qui en seront au milieu de leur set (amorcé à 16 h 25, scène de la Montagne) avec leur rock atmosphérique, mais au même moment, la sympathique Australienne COURTNEY BARNETT offrirait une bien meilleure suite à la performance de Hunt, dès 16 h 40, scène de la Vallée. On y savoure le même cynisme et humour pince-sans-rire.

Dans un tout autre genre, la pop électro du duo de Greenwich, New York PHANTOGRAM se déploiera dès 16 h 55 sur la scène Verte, alors que les sœurs de HAIM seront à 17 h 15 à la Rivière.

Comme je suis plus un fan de rock, j’irai plutôt sous les Arbres à 17 h 20, jeter une oreille à REIGNWOLF, un trio mené par un Canadien du nom de Jordan Cook dont les influences sont clairement du côté de Hendrix, Jon Spencer, les White Stripes et les Black Keys. Le gars a l’air de donner un bon show. Voyez plutôt :

Dans un tout autre genre, le producteur d’électro britannique FOUR TET sera à la scène Piknic Électronic avec sa musique plutôt ambiante et robotique, dès 17 h 30. Mais dès 18 h 05, scène de la Montagne, on ira voir le band de vétérans de l’indie rock MODEST MO– USE, qui roule sa bosse depuis 1993. Ils viennent de lancer deux EPs dans les derniers 12 mois et sont toujours menés par Isaak Brock.

Si jamais les Souris de l’État de Washington déçoivent, on ira à la scène Verte voir BASIA BULAT à 18 h 20, dont la récente nomination sur la courte liste des prestigieux prix Polaris donnent du panache à sa jeune, mais solide carrière de chanteuse folk.

Dix minutes plus tard, scène Piknic, débutera la prestation de JON HOPKINS, un DJ britannique qui extrêmement bien coté, comme en font la preuve ses deux nominations pour des prix Mercury (meilleur album Anglais, selon des critères artistiques). Si vous n’aimez pas l’électro, il y a les Californiens de !!! (Chk Chik Chick) à 18 h 45 sous les Arbres.

On peut aller chiller à 19 h 05 devant la scène de la Rivière pour écouter J.COLE, mais c’est surtout NICK CAVE AND THE BAD SEEDS qu’il ne faut ABSOLUMENT PAS MANQUER dès 20 h 05 à la Montagne. Arrivez tôt pour être le plus près possible de cette de scène qui se donner comme personne. Cave est au commet de son art, malgré ses 56 ans bien sonnés. Vous ne le quitterez pas des yeux.

Tout de suite après, à 21 h 05 sur la scène voisine de la Rivière, le plus récent porteur de l’esprit du Rock, JACK WHITE, se lancera à toute allure dans l’interprétation de son rock dément, issu de son nouvel album « Lazaretto », ainsi que des anciennes pièces des White Stripes ou des Raconteurs. Toute une finale en ce samedi à Osheaga!

jack-white.jpg

Pour passer à la dernière journée de recommandations…

Réagissez à cet article / Comment this article

commentaires / comments

1 2 3 4

About The Author

Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré plongeant dans tous les genres et époques, Nicolas Pelletier a publié 6 000 critiques de disques et concerts depuis 1991, dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Il publie "Les perles rares et grands crus de la musique" en 2013, lance le site RREVERB en 2014, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016. Il dirige maintenant la stratégie numérique d'ICI Musique, la radio musicale de Radio-Canada.