Si les averses ont été abondantes, en début de journée hier, c’est définitivement le soleil qui a surtout régné, haut et maître, sur Montréal et le Parc Jean-Drapeau, dans l’ensemble. Ainsi le jour 2 d’OSHEAGA s’est amorcé, samedi enfin, sur un climat sublime (juste assez de vent), ensoleillé à souhait, le ciel rayonnant! Joie! N.B. C’est bien le seul moment de l’année ou l’on m’entendra parler de température!

 

Si la première journée avait été faste en styles multiples, tous genres confondus, c’est le rock qui a définitivement imposé son joyeux joug sur mon 2e jouissif jour de célébrations. Du moins, c’est ainsi que le tout s’est naturellement programmé, sans déception aucune! Les solides « riffs » n’ont pas cessé une seconde! De petits soupçons choisis de mon périple:

 

TEMPLES (Scène de la Vallée – 15:25)

Avec deux très dignes albums à leur actif (“Sun Structures” et “Volcano” je ne m’attendais aucunement à être déçu du jeune groupe-sensation anglais Temples. Un pop rêveur brittanique très « années soixante » qui se déploie manifestement encore plus en concert. Ils ont livré une excellente performance multipliant les lignes de Mellotron et les envolées de guitares psychédéliques!

 

Photo: Pat Beaudry

 

LIAM GALLAGHER (Scène de la Montagne – 16:55)

Fallait-il s’attendre que Liam Gallagher se présente à Montréal autre qu’en mode « 100% lui-même »!? Baveux, de l’attitude à en revendre, l’air je-m’en-foutiste, cochés! Vêtu d’un parka, celui-ci s’est justifié à la foule, avouant avec surprise qu’on lui avait dit qu’il faisait froid ici! Non, pas aujourd’hui! Et si son album solo, à paraitre, fait naitre certaines attentes (les nouvelles pièces Wall of Glass et Chinatown sont très réussies!), ce sont les titres d’Oasis qui ont mené la foule au pur délire festif. Les morceaux, généreusement livrés par lui et sa cohorte, ont visé très juste; jeunes et moins jeunes chantaient tous en chœur. Un brillant « set » entamé par Rock’n’Roll Star mais, avec aussi, les Morning Glory, Slide Away, et pour finir, sans l’oublier, Wonderwall! Beau retour!

 

Photo: Pat Beaudry

 

CAGE THE ELEPHANT (Scène de la Rivière – 17:40)

C’est incontestablement Cage the Elephant, le groupe américain du Kentucky, qui a volé la vedette hier! Quel « set » époustouflant et sans merci, que de gros titres, livrés énergiquement, l’un après l’autre! Mes préférées Trouble, Ain’t no Rest for the Wicked et Mess Around, au menu de la folle performance de 50 minutes… Avec quatre solides disques, une énergie scénique incroyable, une sensibilité pop enviable, le groupe mené par Matthew Shultz prend de plus en plus sa noble place dans le panthéon rock! « The heat is rising and only getting hotter, ready to blow.” En effet!

 

Photo: Tim Snow

 

FATHER JOHN MISTY (Scène de la Vallée – 20:20)

Après une performance respectable de Broken Social Scene (avec invitée-surprise Emily Haines) et ma découverte du jour Arkells; j’attendais surtout, fébrile, de retrouver Father John Misty, le tout dans la plus puérile impatience! L’astre diurne se penchant lentement sur Montréal, l’hirsute prêcheur hipster et moderne prit finalement place sur la scène de la Vallée VANS! Le chanteur, est selon moi, l’offre folk la plus actuelle des dernières années! Sa poésie, que certains détracteurs trouvent trop moralisatrice, demeure l’un des plus solides testaments artistiques de la place douloureuse de l’homme (cherchant son salut) dans le monde froid contemporain! Délice incessant que cette prestation d’une heure: de la pièce titre du denier album Pure Comedy, enchainant avec Total Entertainment Forever, passant par Nancy From Now On, pour finir avec la sensible I Love You Honeybear. Ah soupirs! Quel charmant et astucieux troubadour apocalyptique, celui-ci a su magiquement offrir merveilleux baumes aux âmes des admirateurs conquis et attroupés, tous en transe totale! “But the only thing that they request is something to numb the pain with. Until there’s nothing human left!” Un sublime moment que je reprendrais sans hésiter!

 

MUSE (Scène de la Rivière – 21:30)

Pour finir, au risque de faire pleuvoir (hehe!) sur moi insultes et critiques, je dois dire que je n’ai jamais totalement compris l’engouement pour Muse! Loin d’un mauvais groupe, mais, plus d’attitude, de style et de jeux de lumière que de réelles pièces remarquables, selon moi! Les derniers albums, assez moyens, ont certainement oeuvré à cette chute d’intérêt! Muse ont toutefois livré un honnête concert, je dois dire haut en couleur, joliment accompagné des feux d’artifice innondant le ciel montréalais, hier soir! Pas déçu d’avoir été présent!

 

Photo: Pat Beaudry

 

La suite demain!

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.