Un autre album de la Suissesse Sophie Hunger, un autre très beau moment passé en compagnie d’une auteure-compositrice-interprète de grand talent. L’album a été enregistré dans plusieurs villes qui inspirent l’auteure, dont à Montréal avec des musiciens montréalais.

Pour le Journal Métro, en octobre 2012, elle avouait : « «J’ai toujours trouvé beaucoup de bonheur et de chance à Montréal. Je suis venue aux trois dernières éditions du Festival de jazz et je m’y suis fait beaucoup d’amis musiciens. C’est une ville qui m’a ouvert de nombreuses portes avant même que je demande quoi que ce soit. Il était clair pour moi que je devais un jour y enregistrer. En plus, vous avez les meilleurs musiciens. Ils sont tous hors genre et peuvent effectuer de multiples amalgames d’influences et de styles, car ils sont libres et très ouverts. Pour moi, l’Eldorado de la musique, c’est Montréal!»
(lire la suite de l’article ici)

sophie hunger 2014

Le 4e disque de Hunger est bien équilibré entre folk énergique (l’enjouée LikeLikeLike), jazz pop en anglais ou en allemand (ainsi qu’en dialecte suisse allemand) (Das Neue – la pièce enregistrée à Montréal) et délicieux morceaux planants que doivent affectionne les fans de Salomé Leclerc, Nina Simone et Cat Power (Souldier). Cette femme de 30 ans a du soul dans la voix, une très belle émotivité jamais exagérée qui lui permettrait d’interpréter des ballades populaires (comme sur Can You See Me?, que Jennifer Hudson pourrait reprendre si elle le désirait), chose qu’elle ne fera jamais puisqu’elle a une trop belle direction artistique pour y déroger. Hunger est à l’interstice du jazz, du soul et du folk. « A nice place to be » diraient les Anglos.

 

Comme souvent avec les albums qui sont intenses et réalisés avec doigté, il faut donner quelques écoutes attentives à « The Danger of Light » avant de l’adopter de façon permanente. Ne soyez pas surpris si la première session ne vous charme pas complètement. Il faut y investir du temps et de l’attention.

La dame est née Émilie Jeanne-Sophie Welti, à Zurich en 1983 et a grandi à Bern (Suisse), Londres (Angleterre) et Bonn (Allemagne), d’où son aisance dans les trois langues. Fille d’un mélomane de jazz, elle découvre ensuite le hip-hop puis le rock et le folk. De  2002 à 2006 Hunger elle est régulièrement invitée à chanter dans le projet Superterz, alors qu’à partir de 2004, elle mène le groupe indie rock The Fisher, qui se séparera en 2007. On l’a entendue au Festival International de Jazz de Montréal en 2011, en première partie des concerts de Madeleine Peyroux et Érik Truffaz puis 2012, avant Billy Bragg, alors qu’elle avait interprété des chansons de Bob Dylan en solo. En cette fin de mois de janvier, elle est en tournée en France, puis voyagera en Allemagne et en Suisse jusqu’en avril. Tous les détails ici.

Il ne reste qu’à souhaiter à Mlle Hunger de grandes rencontres, pour souhaiter des collaborations enrichissantes. Envoyons-lui Daniel Lanois, Beck ou Danger Mouse pour voir où son art se rendra!

Je vous laisse avec sa très belle reprise du classique de Noir Désir, Le Vent nous portera. C’est cette version qui inspirera d’ailleurs Salomé Leclerc lors de son passage à Belle et Bum en 2011.

 

sophie hunger the danger of light

SOPHIE HUNGER

The Danger of Light
(Two Gentlemen, 2012)

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About The Author

Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.