« Wasn’t it some kind of wonderful? » chante-t-elle dans Wonderful, l’un de ses très sensuels morceaux, tiré de son plus récent album, « Blood ». Oh que oui, le concert de la belle Londonienne de 26 ans était magnifique! Entourée d’un solide groupe soul pop et de plusieurs bouquets d’oiseaux du paradis, cette belle fleur a charmé le public montréalais, au Théâtre Corona ce soir.

De sa voix suave, Lianne La Havas a fait craquer son public en interprétant la plupart des chansons de ses deux albums, « Is Your Love Big Enough » et « Blood » (lire la critique ici). Elle chante avec une telle aisance que ça en est désarmant. Musicienne accomplie, elle change de guitare à chaque morceau, trouvant le son qu’elle préfère pour chaque circonstance. Lianne jouera même de la basse.

Elle interpréta No Room For Doubt et Ghost seule sur scène, avant que ses musiciens la rejoignent pour faire décoller l’ambiance avec le tube soul Unstoppable. Parmi les nombreux morceaux interprétés, notons Toyko, Wonderful, What You Don’t Do, Good Goodbye, la dynamique Forget, Tease Me… Dans ce court extrait, elle a intégré la célèbre chanson Happy, de Pharrell Williams à l’une des siennes.

 

Compositrice et guitariste de talent, l’artiste mi-jamaïcaine mi-grecque amène à ses chansons soul une profondeur que la grande majorité des chanteuses R’n’B n’atteignent jamais. La jeune femme est une bosseuse : après avoir signé un premier contrat chez Warner en 2010, elle travaillera ses compositions pendant deux années complètes avant de lancer un premier album.

Plus soul qu’une Beyoncé, plus jazz qu’une Janelle Monae, moins expérimentale qu’une St. Vincent, Lianne La Havas a pourtant les qualités de ces trois grandes artistes accomplies : un aplomb dans la livraison de ses émotions, un sourire et une attitude sympathique contagieux, ainsi qu’un solide jeu de guitare, tirant autant sur le jazz que la bossa-nova et le folk.

Il m’est d’avis qu’on n’a pas fini d’entendre parler de cette magnifique musicienne!

lianne la havas live montreal 2015

(photos: Nicolas Pelletier, RREVERB)

Pour terminer sur son cas, voici un concert tourné plus tôt cette année, relativement semblable à celui de Montréal.

 

Deux belles découvertes en début de soirée

La première partie du concert de la belle Britannique est assurée par un musicien intéressant: KEENAN O’MEARA a une voix qui transperce l’air, qui donne des frissons comme celles de Leif Vollebekk, Brian Borcherdt et, par le trémolo qu’il ajoute à la fin de ses vers, celle du grand Jeff Buckley.

À plusieurs moments, on se laisse bercer par cette voix qui s’envole. Hormis une guitare électrique fausse, on apprécie beaucoup l’art de ce O’Meara.

keenan o'meara

Keenan O’Meara

Puis arrive cette grande fille mince au look d’ado, qui s’installe derrière un petit piano électrique rouge. On se demande un peu ce qu’une jeune fille comme elle va faire, juste avant la Voix qu’est Lianne. Tout doute est dissipé dès la première phrase qui sort de la bouche de la souriante brunette: une voix nasillarde, puissante, “noire”, un peu à mi-chemin entre celles de Gin Wigmore et Adele – oui, bonne à ce point-là – nous rentre dedans. Cette belle brune qui ne doit pas avoir 20 ans a un aplomb et une attitude relax tout à fait charmante. Après deux chansons, elle se présente enfin: CHARLOTTE CARDIN! Oui, celle-là même qui faisait partie de “l’équipe Marie-Mai” dans l’émission La Voix, il y a quelques années. Ça m’apprendra à snober les téléréalités!

charlotte cardin

Charlotte Cardin

Lorsqu’elle chante en français, ses morceaux et son intonation ressemblent un peu plus à ceux de Coeur de pirate, avec beaucoup plus de soul. Mais en anglais, qu’elle chante sans accent aucun, cette fille a un bel avenir, loin de la variété ordinaire, qui la rattrape dans la langue de Molière.

Bref, une belle soirée avec 3 talentueux artistes inspirés.

LIANNE LA HAVAS, avec ses invités Charlotte Cardin et Keenan O’Meara jouaient au Théâtre Corona, le mardi 29 septembre 2015, à Montréal. Une présentation de Greenland.

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.