Bon. J’avoue. Ça se peut que t’aies jamais pensé faire une playlist de la rentrée. Nul n’est mon intention ici de te faire sentir comme si tu avais raté un grand pan de ta vie. Non, ça c’est probablement arrivé quand tu as « donné une chance aux dernières saisons de la série Lost juste pour voir comment ça finit ». Oui. T’as fait ça. On ne reviendra pas là-dessus. C’est du passé comme ils disent. Mais pour la playlist, je ne saurais comment te la recommander plus fortement. Ose et ça deviendra possiblement un autre incontournable de chacune de tes rentrées. Presque autant que le bonheur de sentir l’odeur de nouvelles effaces ou de résister à l’idée de croquer la pointe des nouveaux crayons de cire (Oui, t’es un freak).

1995 –Molly Nilsson

Suédoise et maintenant berlinoise d’adoption, Nilsson nous a habitués à ses sonorités 80’s low-fi. La proposition ici est cependant plus claire et efficace que jamais. Une pièce pour croire encore à l’été même si lui ne croit plus en nous.

La pièce est tirée du prochain album de Molly Nilsson qui paraîtra le 25 septembre prochain. Molly Nilsson sera en spectacle à Montréal en première partie de TOPS au Bar le Ritz le 31 octobre prochain. (Oui, c’est à l’Halloween. T’es vraiment bon dans ton calendrier mental des fêtes de l’année. Un petit vite.) Par ici les billets.

 

 

Yes I’m changing –Tame Impala

Bon, après presque deux mois d’écoute, on a eu le temps de digérer le nouvel album de la troupe de Kevin Parker. (En passant, je suis pas mal certain que je suis le premier à oser faire des liens entre consommation culturelle et digestion. Prochaine étape : parler de gestation quand un artiste créé. Oui, habile.)

De l’album “Currents“, deux pièces se démarquent particulièrement. Difficile de choisir entre les deux laquelle je préfère : Yes I’m changing et The less I know the better.

Pour le riff de basse, la ligne mélodique et la sincérité du texte, je vais y aller avec l’excellente Yes I’m changing.

De la synthpop psychédélique qui flirte autant avec le pop-rock, le disco que le R&B.

 

 

Bruses (Amethyst) -Elvis Depressedly

Avoue que t’aurais aimé trouver cette savante tournure de nom de groupe. Mais, je t’avertis, ce n’est pas facile. Tu peux essayer avec d’autres noms d’artistes. Pas game de commencer avec Jean-François Breault.

Tirée de l’album New Alhambra paru au printemps dernier, Bruses sonne comme une pièce qui a pris ses racines dans le chillwave tout en tentant de s’en affranchir. Si tu n’es pas allergique aux sons synthétiques et aux voix éthérées, cette pièce est pour toi. Sinon, ça se peut que tu meures. (Oui, j’ai caché ton épipen.)

 

 

Delusive –Saskatchewan

Attention, je t’avertis, tu vas être mêlé. Saskatchewan n’est même pas un groupe de la Saskatchewan. QUOI??? Oui, c’est fou de même. C’est un groupe d’Orlando en Floride. Ça veut dire juste assez loin pour que la Saskatchewan devienne un nom assez exotique pour l’adopter comme nom de groupe. Imagine, ça veut dire que, à quelque part dans des terres lointaines, Longueuil est probablement un nom de band.

Delusive est une pièce pop qui ne révolutionne rien. On est même pris à penser qu’on l’a peut-être déjà entendue quelque part. Mais elle est parfaite pour le soleil du mois de septembre qui commence à se coucher trop tôt. Et il me semble qu’elle aurait eu sa place dans la bande sonore de Donnie Darko. Mais, en même temps, Donnie Darko est sorti en 2001 et Delusive en 2015.
Donc, Delusive n’aurait pas pu être dans la bande sonore de Donnie Darko. À cause des années, tsé. En plus, l’action de Donnie Darko prend place en 1988. Alors même si Delusive avait paru, je ne sais pas, en 1999, ça n’aurait même pas plus fait l’affaire. Il aurait fallu que Delusive sorte avant 1988 ou, au pire, vraiment limite, en 1988. Mais là, c’est vraiment trop loin 1988. Les gars du band n’étaient peut-être même pas nés.

Conclusion : Ils ont bien fait de ne pas inclure Delusive dans la bande sonore de Donnie Darko.

 

 

Year in pictures –Dick Diver

Year in pictures est tirée du dernier album du groupe Australien Dick Diver paru en avril dernier.
Une pop imbriquée qui rappelle ici les années 70, ici les années 80, ici les années 90. Oui, des inspirations larges comme ça.
Avec, en prime, un “il me semble qu’il y a quelque chose de Tom Petty, non? » En tout cas, tout le monde dit ça. Mais, on le sait ben, toi tu veux faire différent. Tu ne le diras pas mais tu vas le penser.

Mais on est au courant. On t’a deviné man.

 

 

Night Owl – Hermit’s Victory

Hermit’s Victory est un groupe de la Caroline du Sud mené par Tyler Bertges (En fait, je pense qu’il se mène tout seul), qui joue dans le même terrain que Here We Go Magic.
Hermit’s Victory a proposé (j’aurais pu dire « lancé dans la marre » mais les figures de style s’inspirant des lieux humides, ça suffit), son premier album plus tôt cette année. J’ose dire que cet album doit faire partie des meilleurs albums qui n’auront pas eu la résonance nécessaire pour se classer dans les listes de meilleurs albums de fin d’année. C’est bon de même. Pas besoin de me remercier. Je sers à ça.

 

Lies –Low

Attention, placement ratoureux de voyage estival ici : En juillet dernier, j’ai fait la route avec copine-blonde jusqu’au Wisconsin afin d’être présent à la première édition du festival Eaux Claires organisé par Justin Vernon (Bon Iver) et Aaron Desner (The National). Voisin de l’état du Minnesota, le groupe Low était en prestation lors d’un chaud après-midi et nous a donné le plaisir d’entendre cinq pièces du nouvel album finalement paru le 11 septembre. Lies n’en faisait pas partie (tu vois j’ai fait clairement que du voyage dropping) mais demeure une excellente pièce. Avec une ligne mélodique empreint de tristesse qui rappelle I Hope Time Doesn’t Change Him (2014) de The Drums.

Ici, ça respire moins l’été, c’est clair. Mais il fallait bien que ça arrive la fin de l’été. On vivait sur du temps emprunté. On le savait tous. Fais pas le surpris.
Mais, Ok. Tu as le droit de garder Lies en réserve pour l’automne. Mais pas pour quand tu vas aller aux pommes.

Il y a quand même des limites.

 

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Luc Leblanc
Blogueur - RREVERB

Faire des listes. Faires des listes de tout. Rien de plus commun maintenant. Ou de plus 2009. Luc aimerait bien se distinguer en vous disant qu’il est passé à autres choses. Mais non, ça n’arrivera pas. Luc fait des listes. Déjà 5 ans qu’il partage son décompte des 100 meilleures pièces de l’année. Avec le souhait même pas secret que quelqu’un, quelque part, y trouve de la musique qui lui aurait échappée. Ou même de la musique qui transformerait sa vie. Dans ce cas-là, Luc trouve que ce serait peut-être un peu trop. Mais il est prêt à vivre avec.