Ce soir avait lieu en grande pompe la réouverture du Cabaret du Casino de Montréal, avec tout le gratin montréalais, rassemblé autour d’un concert de TONY BENNETT, véritable légende vivant du « jazz vocal ». Aujourd’hui âgé de 89 ans, le vétéran crooner américain y préparait un tour de chant truffé de hits tels Steppin’ Out, San Francisco, Maybe This Time et I Got Rhythm. Ayant vu Tony Bennett au Festival de Jazz en 2014 (le fameux concert durant lequel Lady Gaga était apparue, à la grande surprise de tous, en pleine Place-des-Arts), je m’attendais à sensiblement le même concert.

Pour cette grande réouverture après d’importantes rénovations qui ont duré cinq ans, Monsieur le Maire Denis Coderre, le fondateur du Festival International de Jazz Alain Simard, et plusieurs vedettes, de Ricardo à Alain Dumas étaient sur leur 36. Même le toujours élégant Michel Louvain n’avait pas voulu manquer le (dernier?) passage de Tony Bennett à Montréal. Ça sentait l’événement.

Loto-Québec a eu la belle idée d’inviter des blogueurs musicaux du monde du web, accompagné d’un(e) parent, pour recueillir les impressions de deux générations d’amateurs de jazz. J’ai accepté de jouer le jeu, en compagnie de ma mère, avec laquelle je passe toujours de bons moments, de toute façon. La soirée allait être réussie ne serait-ce que parce que nous allions souper ensemble, puis écouter Tony Bennett chanter. Le bon plan.

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Oh! Nous avons été gâtés au Cabaret du Casino: succulent souper, du bœuf rosé, service exceptionnel, alcool à volonté pendant plusieurs heures avant que le concert ne débute. La salle est vraiment réussie: le son permet de bien entendre chaque musicien, ce qui est – à mon avis – la plus belle qualité qu’une salle de concert puisse avoir. Ma mère a trouvé que la voix de Monsieur Bennett « avait vieilli ». Oui, en effet, l’acoustique ne permettait pas de cachette, Tony Bennett a perdu en puissance et en virtuosité. Il reste encore beaucoup de charisme et d’expérience chez le vénérable chanteur qui a débuté sa carrière en 1949, qualités qui font de lui un entertainer hors pair.

Mais la soirée ne s’est pas déroulée comme prévu. Et la grande réouverture s’est terminée en queue de poisson.

L’homme a des petits trous de mémoire, parfois un peu gênants. Il semblait confus entre deux chansons, rechantant certaines lignes d’une pièce terminée, puis il nous a souligné à quel point il aimait notre ville, Toronto (oui, vous avez bien lu) et combien il avait d’amis ici (à Toronto)… Et, tout d’un coup, il s’est excusé de sa piètre voix, a expliqué qu’il avait une laryngite et a quitté la scène après seulement 7 très courtes chansons. Bouche bée, le public a poliment applaudi la légende qui semblait faire son dernier tour de piste.

Faisant allusion au Casino, Tony nous a souhaité de tous sortir gagnants de cette soirée. « We’ve already won, Tony! » a lancé quelqu’un dans la foule. Oui, on a passé une belle soirée quand même, Tony, le maire Denis, le crooner Michel, ma mère et moi. Reposez-vous bien, monsieur Bennett.

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La nouvelle version du Cabaret

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.