C’est une visite spéciale et rarissime qui nous attendait à la Place des Arts, dimanche soir, pour un chouette et très rigoureux concert, dans le cadre des Francofolies. Ils en disaient long, les yeux brillants de l’auditoire transi, venu accueillir, avec chaleur et bonheur, le duo de vieux amis et collaborateurs, Alain Souchon et Laurent Voulzy. Quelle magnifique réunion, en effet; une collaboration qui remonte à plus de 40 ans, pour ces icônes de la chanson française.

 

“J’ai le coeur grenadine…”

Une vingtaine de titres, offerts avec brio et dans la plus grande tendresse, le tout avec humour aussi; un triomphant deux heures sous la bienveillance amicale et allègre des deux artistes. Quel bijou que cette discographie qui est la leur; non seulement du bonbon, mais tellement d’envergure aussi. C’est cette finesse qui a fait s’amasser, dans le plaisir le plus total, tant d’admirateurs à la Salle Wilfrid Pelletier, à peu près remplie pour l’occasion. Une “foule sentimentale” qui était très émouvante à entendre entonner, en coeur, certains succès des deux gamins qu’on a peine à croire quasi septuagénaires.

 

“Une chanson parfaite, un truc profond…”

Un répertoire de chansons, d’une maîtrise inouïe, que beaucoup de nostalgiques attribuent à l’âge d’or de la Pop; une autre époque, les années ’70 et ’80; où il semblait moins rare de rencontrer de telles odes; des joyaux arrivant à arrimer: sophistication dans les textes, simplicité déconcertante et la beauté universelle d’une musique à la fois riche, variée, mais surtout, accessible.

Ces sublimes compositions sont issues d’un heureux mélange; celui du génie musical, à la fois passionné et artistiquement maniaque du détail, de Voulzy et de la mine de séducteur avec sa plume et son verbe un peu “canaille” de Souchon. Quel beau et inspiré duo!

 

Photo: Benoit Rousseau

Photo: Benoit Rousseau

 

Sur scène, les pièces se sont enchaînées, tour à tour de manière épurée, avec pour seul accompagnement la guitare mélancolique de Voulzy; mais aussi souvent augmentée savamment par l’excellent orchestre des cinq musiciens experts (basse, guitare, claviers, batterie et voix) présent pour cette géniale réunion. Nous avons même eu droit, avant les rappels, à une version très rock et soutenue de Rockollection, avec son pot pourri de reprises de “hits” des années 60 (Beatles, Rolling Stones, etc) ayant visiblement fortement influencés le duo. Ce concert fut un autre des moments de grâce de cette édition des Francofolies 2016; un spectacle qui ne se reproduira probablement pas de si peu à Montréal. Merci Alain et Laurent!

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.