Derrière ce nom particulier se retrouve une musique unique, qui prend le temps de se déployer, pas nécessairement aussi bizarre que ce dont on pourrait s’attendre d’un baron rétif ni d’une conception perez (whatever that means!).

Ainsi L’indien est une intro minimaliste de 5 minutes où l’orgue et un instrument à cordes joué en pizzicato « muffé » (étouffé) répètent des motifs assez simple. On enchaîne avec Cascade, un morceau qui aurait été assez banal si ce n’était pas de ce rythme complètement à contretemps (pas juste saccadé, mais carrément off!). On sent toute l’ironie dans le projet en savourant cette mélodie archi simple, digne d’un jeu vidéo des années 80 à travers le chaos rythmique que ces deux musiciens de Paris y infusent.

Les pince-sans-rire que sont Benjamin Fain-Robert et Pierre Valero en remettent une couche sur Beyonce, un morceau sur lequel des claviers rétro, une batterie jazz et une immense basse fuzzée se partagent l’attention de vos oreilles.

Changement de cap complet sur la piste suivante, Assis sur une pierre (officiellement de Rocé, avec BR&CP), où on nous balance un rap en français. Propos gris, avenir nébuleux d’une jeunesse française rêvant de justice sociale.

 

Ce ne sont pas tous les morceaux qui sont captivants sur ce « Disque d’or » (!) : certains instrumentaux comme Oui pistes et Superman sont avant tout des exercices de styles à la Daft Punk des premiers temps. Des sons cool, oui, mais une redondance au niveau de la mélodie qui fait qu’on se tanne relativement vite. Il reste que ces moments (comme Miami) pourraient servir de bande sonore pour un document visuel (court ou long métrage) et contribuer à créer une ambiance particulière, voire mystérieuse (Calypso wet).

Ce « disque d’or » a été assemblé par La Souterraine, de Paris, en pigeant dans plusieurs des œuvres de la formation, enregistrées entre 2010 et 2015, de leur « Cassette mouillée » au « Mosla Tape ». Le premier « véritable » album sortira au printemps 2016, nous annonce-t-on.

À découvrir sans attentes, mais sans attendre.

BARON RÉTIF ET CONCEPCION PEREZ

BARON RÉTIF ET CONCEPCION PEREZ
Disque d’or
(La Souterraine, 2015)

-Genre: instrumental ambiant électro jazzé
-Dans le même esprit que Cinematic Orchestra, Orchestra de soleil

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.