Le quintette français Blind Digital Citizen nous amène vraiment dans un autre monde avec son premier album complet, qui sort cette semaine. Paru sur l’étiquette Entreprise (qui compte aussi dans ses rangs Grand Blanc et Moodoïd), « Premières vies » propose un électro-pop alternatif et parfois expérimental. Les morceaux sont souvent mi-chantés mi-parlés, proches du slam. Les synthétiseurs créent une musique puissante, avec des textes mystérieux qui mettent en place une atmosphère dramatique.

La courte Perú ouvre l’album et donne le ton. L’ambiance synthétique, froide et sombre est renforcée par un texte énigmatique, déclamé en slam : « 6740, douzième réincarnation de la lune éternelle. Me voilà ébloui par le soleil, alors qu’à mes côtés mon compagnon glisse et commence une chute inexorable sur un flanc de montagne incliné à 86 degrés ». L’envoûtante Reykjavik 402 contient un épisode funky, avec une slap bass! L’excellente Dvek est troublante et déroutante. Bien qu’un peu trop reculé dans le mix, le chant est totalement passionné et fait de cette pièce la meilleure du disque. Palais de cristal est aussi très sentie, et les synthés nous enveloppent et nous caressent de belle manière.
Voici une liste de lecture avec quatre des chansons de l’album. Ce dernier peut être écouté au complet sur la page bandcamp du groupe.

Sur la planante et mystérieuse Cumbia, le chanteur nous rappelle vaguement Alain Bashung ou Bertrand Cantat. Ravi fait presque dans le techno, et a un propos plutôt cru : « Ravi que ça vous plaise, c’est quand qu’on baise? C’est quand qu’on crève? ». L’atmosphérique et bigarrée Parachute est un récitatif sur le sujet de la guerre : « T’es vachement bien équipé, dis-donc. On dirait même que tous ces gadgets, tu les as achetés spécialement pour faire la guerre ». Pleine de dissonance, la mystérieuse 3645 est également slammée et fait résonner ces mots : « La lumière vient de l’intérieur ». Fantôme contient un bon solo de saxophone, alors que l’explosive War clôt l’album sur une note positive, répétant ces mots comme un mantra : « Le meilleur est à venir ».

Le premier opus de Blind Digital Citizen se veut donc très expérimental, tant en ce qui a trait à la musique qu’aux textes. « Premières vies » est un peu inégal par moments, et on sent un léger essoufflement en deuxième moitié d’album. Ça demeure tout de même un très bon premier album. La formation parisienne réussit à nous emmener avec eux dans leur univers futuriste. C’est difficile de rester indifférent à cette charge multi-sensorielle : on embarque ou on n’embarque pas. Pour ma part, j’ai été captivé par l’atmosphère surréaliste des chansons!

blind digital citizen premières vies
BLIND DIGITAL CITIZEN
Premières vies
(Entreprise, 2015)

-Genre : électro-pop alternatif
-Un mélange entre Joy Division et Alain Bashung

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BLIND DIGITAL CITIZEN : Bienvenue en l'an 6740
ORIGINALITÉ 70%
AUTHENTICITÉ 85%
ACCESSIBILITÉ 75%
DIRECTION ARTISTIQUE85%
QUALITÉ MUSICALE80%
textes80%
79%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.