C’est une belle petite découverte que ce nouvel album de Chris Staples. L’auteur-compositeur-interprète de Pensacola en Floride fait une excellente mixture de pop, folk et indie rock qui génère des moments hyper agréables. Staples a un sens de la mélodie extraordinaire qui rend des morceaux tels Golden Age accrocheurs au possible.

Il garde le tout très simple. Quelques accords de guitare, un rythme de base, quelques notes de basse, parfois un clavier lointain… C’est souvent ce qui est suffisant pour qu’on adhère à ses superbes morceaux, comme Missionnary. Sur cette calme pièce, Staples ajoute quelques notes de banjo, quelques légères percussions, alors que sur le suivant, le beaucoup plus sombre Cheap Shades, ce sont deux pistes de guitares sèches, un chant murmuré à la Bon Iver et des notes de ce qui semble être de la harpe (ou sa version numérique) qui tiennent le tout. On distingue à peine l’orgue en arrière-plan.

 

Certaines de ses compositions, comme Park Bench, me font penser à certaines des plus belles de l’époque folk de Donovan, mais c’est encore plus vers des musiciens comme Dean Wareham (de Luna) ou Justin Vernon (alias Bon Iver) qu’on peut tisser des liens et familiarités. Un morceau comme Always on My Mind ressemble aussi à du Van Morrison. C’est dire le nombre et la variété des influences auxquelles Chris Staples fait référence, consciemment ou pas.

Staples a récemment été le leader de la formation Discover America, groupe basé à Seattle de 2004 à 2010, et a été le chanteur et guitariste de Twofortyeight, de leur formation en 1995 à leur séparation en 2003. Il en est à sa septième œuvre solo, en comptant un EP, paru en 2011. Prolifique est un qualification qui s’applique bien à sa carrière : ce n’est pas moins de 16 albums qu’il a mené en solo (7) ou avec ces deux formations précédentes en 18 ans de carrière.

 

La jolie mais mince voix de Ings – une autre artiste de Seattle – vient agrémenter l’œuvre, le temps d’une chanson, la douce Times Square. Aucun moment mort tout au long de “Golden Age”, ce qui est une grande qualité pour ce type de compositeur. La plupart présentent trois ou quatre forts titres puis s’écrasent avec des chansons plutôt ordinaires, ou trop identiques. Ce n’est pas le cas de Staples qui sort l’accordéon sur Hepburn in Summertime, pour mettre un peu de soleil après la très lente Vacation.

La magie de Chris Staples est de pondre de superbes mélodies, puis de les emballer dans une musique toute simple, presque délicate (Full Color Dream). Cet album est parfait pour relaxer, pour décrocher. Un de mes coups de coeur de 2016, assurément. Je vous souhaite ces mêmes bons moments que j’ai passés à découvrir l’art de la mélodie de Chris Staples.

chris staples golden age

CHRIS STAPLES
Golden Age
(Barsuk Records, 2016)

-Genre: lazy indie folk pop
-Dans le même genre que Luna, Jeremy Jay, Hayden

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.