365 highs, 12 lows, 52 reasons to hold on or to let go, yeah that was the year he drove me crazy.

La chanteuse haut de gamme Coral Egan retrace avec doigté, émotion et un brin d’humour une difficile année d’un amour qui a connu ses hauts et ses bas, au point d’appeler son disque The Year He Drove Me Crazy. Dans la même gamme que les Tori Amos, Fiona Apple et autres Regina Spektor de ce monde, cette magnifique artiste issue de l’univers jazz est passionnante et attachante. Egan est la fille de la jazzwoman montréalaise légendaire Karen Young.

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photo Susan Moss

Déjà, je l’aimais pour « Ma Favorite Distracton », paru en 2004, qui alliait jazz pop à la Norah Jones avec une touche soul, le tout entièrement composé par mademoiselle Egan. Elle collabore avec des artistes d’horizons différents, dont Antoine Gratton (pop franco) et Charles Papasoff (jazz). Sortait ensuite « Magnify », créé en collaboration avec le guitariste australien Jay Atwill.

 

Ce second vidéo est magnifique au niveau vocal – elle interprète la pièce I Do a cappella – mais étrange: Coral Egan semble être dans une boutique de fringues… entre deux essayages. Enfin, écoutons tout de même cette magnifique artiste.

 

Le nouvel opus, cinq ans plus tard et publié sur l’excellente étiquette Justin Time est beaucoup plus soul que ce à quoi on s’attendait. Un style à la Alicia Keys ou Ayo (Soul Sunday) sans les fioritures inutiles qui fait de Coral Egan une auteure-compositrice-interprète qui fait tourner les têtes. « The year he drove me crazy » est un album qui s’écoute en boucle en fond grâce à ses ambiances jazz pop très agréables, basées sur le piano (joué par Jon Day) et la voix d’Egan (A Couple Apartments Apart à la Norah Jones) comme on prend plaisir à décortiquer les facettes de la personnalité de la musicienne à travers les confidences qu’elle nous fait ici. Sur What You Doing, elle prend plus de place, sort sa force de frappe.

Le talent mélodique de cette artiste montréalaise est impressionnant. Elle arrive à lancer un refrain archiaccrocheur au milieu d’une pièce qui vire ensuite archisentimentale, utilisant sa magnifique voix, souple et versatile. Coral Egan exprimer le plus profond de son cœur sans tomber dans la guimauve, le plus intense de sa frustration sans forcer ses cordes vocales, le plus amoureux de son état sans pleurnicher.

Je dirais qu’elle chante juste comme on dit d’une comédienne qu’elle joue de façon juste.

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Photo Susan Moss

Crossfire est plus pop dynamique, mais ne jure pas pour autant avec le reste de l’œuvre. Unwind donne dans la ballade pop plus formatée « radio », mais encore une fois, le sceau de qualité est là, empêchant toute chute dans la variété facile. Les musiciens présents ne sont pas des juniors : l’excellent batteur Robbie Kuster et Mishka Stein (du groupe de Patrick Watson) à la section rythmique alors que Warren Spicer (de Plants & Animals) fait une brève apparition. La crème du Mile End strikes again!

Un excellent disque qui plaira à ceux et celles qui aiment leur pop jazz bien racontée et bien interprétée.

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CORAL EGAN
The Year He Drove Me Crazy
(Justin Time, 2012)

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Je vous recommande cette très solide entrevue datant de 2008 du webzine Arts & Opinion avec Coral Egan

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.