Le retour de Bertrand Cantat à la musique était inévitable. L’homme a été le leader du plus brillant groupe rock français, Noir Désir, avant les tragiques événements que l’on sait. Le 1er août 2003 , l’actrice Marie Trintignant, qu’il fréquentait, succombe suite à une querelle entre les tourtereaux qui s’étaient retrouvés à Vilnius, où l’actrice travaillait. Cantat est reconnu coupable de « meurtre commis en cas d’intention indirecte indéterminée » et passera huit années en prison, partagées entre la Lituanie et la France.

À sa libération, il se remet avec son ex-conjointe Krisztina Rády, mais peu après, elle se suicide alors qu’il est présent dans la maison familiale, laissant ses deux enfants qu’elle a eus avec Cantat.

On ne se remet pas facilement d’une telle chute. Une dégringolade qui touche autant la vie professionnelle (fin du groupe Noir Désir), morale (détournement des fans) que privée (impacts sur sa vie personnelle). Bertrand Cantat était au sommet de la gloire en menant Noir Désir à des succès d’estime comme de popularité, puis il a croupi en prison, au fond de la Lituanie, dans la honte de la violence conjugale.

Après quelques apparitions en concert avec Eiffel (qui a repris le flambeau du rock français avec brio), revoici Bertrand Cantat avec une nouvelle formation, baptisée Détroit. Plutôt un duo, avec le bassiste Pascal Humbert, relativement peu connu hormis ses passages chez 16 Horsepower et Wovenhand.

Cantat n’affiche plus cette ferveur incandescente qui marquait les performances de Noir Désir. Avec Détroit, c’est une “maturité” nouvelle qui se ressent, comme l’explique le journaliste Stéphane Davet dans Le Monde, qui a vu le groupe jouer à Clermont-Ferrand le 11 avril dernier, en tout début d’une tournée de 65 dates à travers la France.

Un Cantat plus calme, plus introspectif, plus “dans son monde”, enfermé dans une poésie hermétique, qui ne dévoilera rien de clair, surtout pas ses états d’esprit relativement aux tragédies de 2003 et 2010. Le visage de l’homme a été abimé par les tourments des dernières années. On le devine fatigué, usé.

Cantat devient un homme privé qui mène une vie publique, un artiste qui s’exprime sans nécessairement dire ce qu’on veut entendre de lui. Peut-on l’empêcher de remonter sur scène et de composer des chansons, certainement pas.

Est-il encore pertinent et intéressant à écouter? À vous de juger. Moi, je n’accroche pas particulièrement.

Detroit Horizons

DÉTROIT
Horizons
(Barclay, 2013)

-Genre : folk rock
-Dans le même genre que Tarmac

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Que penser de DETROIT, le nouveau groupe de Bertrand Cantat?
Originalité70%
Authenticité80%
Accessibilité45%
Direction artistique75%
Qualité musicale80%
Textes65%
69%Overall Score
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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.