Il faut croire qu’on s’est largement trompé et que c’est plutôt hier, samedi 21 mars, que le printemps arrivait à Montréal, et non la veille. En effet, quelle rayonnante soirée nous avons passée en compagnie de la lumineuse et douce Dom la Nena au Gesù. “La petite” Dominique Pinto était en visite chez nous, pour une troisième fois, cette fois afin de nous présenter son brillant nouveau disque “Soyo” (la chronique de Benoit Bergeron est ici). Seule sur scène, avec son violoncelle et autres instruments, et armée de ses pédales à effets, afin de tisser boucle par-dessus boucle de riches sons et textures, donnant ainsi aux admirateurs attroupés, l’impression d’être devant un orchestre complet. Et quelles splendides constructions en effet elle nous a présentées qui, alliées à sa superbe et réconfortante voix se sont diffusées merveilleusement dans l’espace sonore de la chouette et intime salle.

 

Tout cela a abouti à un génial moment passé en sa joyeuse compagnie qui m’a charmé au plus haut point, du début à la fin. Sa contagieuse joie de vivre caractéristique a eu raison de l’ensemble des spectateurs, qu’elle a enjoint à plusieurs moments de chanter et même de danser la samba, sur la scène, près d’elle, sur Sambinha. C’est pour moi une prouesse d’arriver seule à meubler si judicieusement et délicieusement l’espace avec ses créations poétiques et de sa présence, toujours humble, mais, à la fois craquante et grandiose. Elle a eu beau s’excuser pour un petit accroc technique de quelques secondes, je demeure stupéfait encore de ce brillant talent à orchestrer toutes ces instrumentations seule et avec brio; chapeau!

 

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Dom la Nena nous fait encore voyager vers le Brésil de son enfance; et ses plus récentes mélodies, un peu plus festives en effet, n’ont rien perdues de leur talent à nous soulever délicatement l’âme. Artiste internationale, car bien que la plupart des textes ont été chantés en portugais et espagnol, elle a aussi offert un titre à moitié en français Juste une chanson et aussi Carnaval en anglais. Mais de Llegaré, que j’adore, en passant par une reprise incandescente de Gracias a la vida, pour revenir avec un rappel de trois titres donc No Meu Pais, ce fut un spectacle hautement réussi.

 

C’est de la musique d’un art lyrique sans précédent avec beaucoup de grandeur que nous a offert samedi soir la jeune et talentueuse chanteuse; de petite, elle n’a que la taille et elle a déjà tous les signes d’une grande artiste (avec 2 albums solo seulement à son actif). Elle ne maitrise non seulement le violoncelle et sa voix, mais, surtout, l’art difficile de faire rêver et sourire. Elle est encore au Québec pour quelques jours (Sorel, Shawinigan, etc) et je vous recommande chaudement de vous faire le cadeau d’assister à cette admirable performance.

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L'écoute d'un disque est un instant privilégié de rencontre avec l'essence même d'un créateur. Maelstrom de sons, myriades d'émotions et petits morceaux d'âmes à l'état brut. Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n'a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.