Un disque plutôt unique dans le paysage québécois a été lancé en 2012. Unique parce qu’inclassable. Unique parce que différent. Unique également par la voix particulière de la chanteuse Elsiane.

Si on avait à trouver des similitudes avec d’autres artistes, on pourrait lancer des noms comme Fever Ray, Émilie Simon, Blonde Redhead, Kate Bush… La voix d’Elsiane est si spéciale que de prime abord, je ne suis pas certain de l’aimer. Il y a un petit côté hyper aigu qui fatigue mes nerfs, mais cette voix spéciale créée aussi des moments merveilleux, angéliques. Björk me fait aussi cet effet… Et puis, c’est tellement rafraîchissant d’entendre des sonorités qui sortent de l’ordinaire qu’on ne va quand même pas s’en plaindre.

Il y a un petit côté « art rock » à la musique d’Elsiane, tout en ambiances, en précision et en détail en arrière-plan qui font du tout (voix incluse) quelque chose de particulièrement agréable. Pas que leur musique soit extrêmement originale, on est quand même loin du Sian Alice Group ou de Caniche Hara-kiri, mais ce disque a un petit quelque chose d’attachant. Le hautbois et les cordes de la pièce Acceptance amènent une belle élégance au tout. Plus rock indie, on se rapprocherait de ce que fait Tanya Donelly. Plus glam goth, ça donnerait du Evanescence. Plus industriel, c’est Fever Ray. Voyez le spectre dans lequel Elsiane navigue?

La demoiselle est originaire du Pérou et travaille avec le batteur Stéphane Sotto depuis son arrivée à Montréal, soit en 1999. Ils ont lancé un premier album en 2007.

Lorsqu’ils se lancent vraiment dans de mystérieuses ambiances (l’instrumentale Vertigone), ils font voyager l’auditeur. C’est d’ailleurs d’après moi à partir de ce moment que l’album devient vraiment intéressant. Underhelped sonne comme du Portishead, en moins électro. Le travail des percussions, des instruments orientaux distorsionnés sont finalement aussi originaux que la voix. Leur mariage est réussi.

Chose certaine, Elsiane transporte. On ne sait pas exactement où, mais tant mieux: ça fait partie du plaisir de ne pas tout comprendre.

ELSIANE
Mechanics of Emotion
(Laboratory Band Inc., 2012)

-Genre: goth mystérieux
-Dans la même veine que Fever Ray, Tanya Tagaq

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.