L’auteure-compositrice-interprète et multi-instrumentiste Émilie Simon a marqué l’univers musical dès son arrivée dans le paysage français en 2003. Son premier album, éponyme, détonnait de la masse par ses traitements sonores audacieux. Simon était considérée comme une enfant prodige, vu son jeune âge (25 ans, à l’époque), et la réponse aux groupes trip hop électro à la Portishead qui sévissaient à l’époque. Les chansons Désert, Secret, Flowers, I Want To Be Your Dog (reprise des Stooges) l’ont mis sur la carte.

Aujourd’hui, à 35 ans, la jolie Émilie n’est plus une enfant. Musicalement, on l’a entendu essayer plusieurs projets pour le moins audacieux. Elle a été sévèrement critiquée pour sa vision moderne adoptée pour la bande sonore du (magnifique) film documentaire « La Marche de l’empereur ». Les habitués de ce genre de films étaient choqués de se retrouver avec une musique aussi moderne sur un sujet de sciences naturelles. Personnellement, j’ai trouvé la bande-son réussie, ajoutant définitivement un cachet artistique à cette belle histoire de pingouins manchots.

Émilie Simon est presque condamnée à se réinventer et à oser à chaque œuvre musicale, puisque positionnée dans une certaine marge du spectre musical francophone. À part la géniale Camille, il n’y a pas grand artistes qui sont à la fois (quand même) connus du public et originaux.

Voici la pièce Menteur, premier extrait de l’album « Mue ». C’est un peu étrange de voir cette belle brune en blonde.

« Mue » (et non « Nue », ce qu’elle est sur la pochette de l’album) est un disque bien fait. La réalisation, les sons, la voix de la chanteuse et les arrangements sont parfaits. On passe d’ambiances intimes (The Eye of the Moon) aux grosses basses fuzz jumelées qux violons pizzicato (Quand vient le jour). Mais ce dont « Mue » manque est des airs mémorables, des chansons fortes qu’on adopterait sur le champ. C’est ce dont le premier album regorgeait (en plus de ces arrangements brillants). Peu importe la forme des morceaux d’Emilie Simon, on espère des chansons qui touchent davantage que Les étoiles de Paris, une ballade commune.

Au final c’est un album décevant, qu’on oublie facilement, lorsqu’on connait le potentiel de l’artiste, bien que la musique est rudement bien livrée, encore une fois. Et c’est bien dommage.

Émilie Simon

ÉMILIE SIMON
Mue
(Barclay, 2014)

-Genre: pop electro
-Dans la même cour que Tori Amos, Regina Spektor, Vanessa Paradis

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.