Parmi les gens les plus passionnés dans le milieu de la musique, il y a ceux et celles qui travaillent dans l’industrie: chez les labels, les relationnistes de presse, les promoteurs de concerts, les gestionnaires de salles de concerts, les journalistes culturels…
RREVERB propose une série d’entrevues en profondeur avec les artisans passionnés de la musique.

Aujourd’hui, rencontrons…

ERIC PARAZELLI

PRÉSENTATION

Quel est votre nom, quel est votre rôle dans l’entreprise musicale où vous travaillez, et depuis quand y œuvrez-vous?

Eric 2010Eric Parazelli, rédacteur en chef du magazine Paroles & Musique (P&M) et spécialiste communications et marketing pour la SOCAN (Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). J’y suis depuis septembre 2014.

Quand avez-vous commencé à travailler dans l’industrie musicale?

J’ai commencé à travailler à MusiquePlus en 1990, au sortir du Cégep. J’ai ensuite été journaliste musique puis chef de section musique au Voir, pour ensuite me joindre à l’équipe fondatrice de Bande à part à Radio-Canada (et toutes ses plateformes – Web, TV, radio).

Finalement, après un détour de quelques années par l’Abitibi, je suis revenu à Montréal en 2011, d’abord pour me joindre temporairement à l’Équipe Spectra (rédacteur-intervieweur-réseaux sociaux), puis en télévision (Francs-Tireurs) et comme blogueur média-tv pour Sympatico.ca, pour finalement revenir au domaine de la musique par la grande porte de la SOCAN. Et je saute plusieurs étapes… 😉

Quand avez-vous commencé à aimer la musique?

Mon souvenir musical le plus lointain remonte probablement à mes 4 ou 5 ans. Un vinyle d’Ennio Morricone (la bande sonore du film Il était une fois la révolution, de Sergio Leone) qui m’accompagnait vers le sommeil à chaque soir. La force évocatrice d’images et d’émotions de la musique venait d’entrer dans ma vie à tout jamais.

Mon premier 45 t acheté avec mon argent était Heart of Glass de Blondie en 1978… Ensuite, je me suis surtout nourri des collections de disque de mes frères, jusqu’à l’adolescence où j’ai commencé à développer mes propres goûts. Avec l’aide essentielle et capitale de Benoit Dufresne et Claude Rajotte et l’émission New Music Foundation à CHOM FM!

Blondie

À 20 ans, quel était votre rêve (dans le domaine musical)?

À vrai dire, depuis l’adolescence, je pense que je souhaitais suivre les traces de Claude Rajotte. Gagner ma vie en écoutant de la musique, le rêve! Et à 20 ans, je commençais à travailler à M+. Quelques années plus tard, je travaillais avec lui sur Rage et Le Cimetière des CD.

Avez-vous été musicien/enne? Racontez-nous votre carrière.

Non, jamais joué d’un instrument. Shame on me… J’ai déjà reçu une guitare en cadeau quand j’étais jeune mais comme je n’avais personne autour de moi pour me guider, elle a pris le bord assez vite…

SUR L’INDUSTRIE MUSICALE

En vivez-vous?

Oui, j’en vis depuis mes débuts.

Est-il encore possible aujourd’hui de gagner sa vie dans l’industrie musicale? Que faut-il faire pour y arriver?

C’est de plus en plus difficile, autant dans l’industrie musicale que dans les médias. Pour tirer son épingle du jeu, je dirais qu’il faut surtout faire preuve de créativité, de polyvalence et d’ouverture au changement.

L’industrie musicale vit une période de transformation sans précédent. Soit on s’adapte et on réinvente le modèle, soit on prend du retard et on devient dépassé par les événements. L’industrie musicale, tout comme les médias, sont à un tournant. Pour certains c’est angoissant, pour d’autres, c’est stimulant. Devinez entre les deux qui va en profiter?

Quelle(s) rencontre(s) a(ont) été déterminante(s) dans votre carrière dans l’industrie musicale?

D’abord, Johanne Ménard, une ex-productrice de M+ qui a repéré ma passion pour la musique et qui m’a offert de travailler avec Claude Rajotte, une autre personne marquante pour sa rigueur et sa totale dévotion au service de la musique.

claude rajotte le cimetiere des cds

Claude Rajotte

Puis, Laurent Saulnier, qui m’a d’abord engagé comme journaliste musique au Voir, m’a formé, et qui m’a offert son poste de Chef de section musique lorsqu’il a quitté pour les FrancoFolies et le Festival de Jazz.

Qu’aimez-vous dans votre emploi / occupation actuelle?

Être rédacteur en chef et spécialiste des communications et du marketing pour le bureau de la SOCAN à Montréal c’est d’abord et avant tout être au service des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. C’est participer à leur rayonnement et à une rémunération juste et équitable pour leur création. Comme la SOCAN s’occupe de la gestion les droits d’exécution de millions de créateurs et d’éditeurs de musique au pays et à travers le monde, c’est une organisation qui est respectée et aimée des créateurs.

Chaque trimestre, ils reçoivent la rétribution à laquelle ils ont droit. Ça donne tout son sens à chaque geste posé quotidiennement dans l’exercice de mes fonctions. J’ai toujours eu besoin de travailler au service d’une cause qui en valait la peine. La juste rétribution des créateurs musicaux en est une de taille.  

Quel grand rêve n’avez-vous pas encore accompli?

À part voyager à travers le monde? Je ne crois pas vraiment en un grand rêve à accomplir. Je crois en un cheminement qui apporte de la satisfaction, qui procure le sentiment de participer à l’avancement des choses, de faire une différence. C’est déjà beaucoup…

SUR LES ARTISTES ET LA MUSIQUE

Vos styles de musique préférés? Est-ce que ça toujours été le cas dans votre vie?

Par la force des choses, je me suis toujours intéressé à plusieurs styles musicaux. La chanson, le rock et la pop, bien sûr, surtout francophone, l’émergence, la découverte de nouveaux talents, de nouvelles propositions authentiques et audacieuses.

Mais j’ai aussi une attirance naturelle vers les sonorités électroniques et certaines avenues de la world music et du hip-hop. En fait, il serait plus rapide d’avouer les styles qui viennent plus difficilement me chercher : le jazz savant, la musique classique, l’opéra. Je me dis qu’avec l’âge j’y comprendrai peut-être quelque chose…

Sur une île déserte, vous emmèneriez ces 5 albums (pas plus).

Ouch… Trop déchirant et définitif comme choix pour m’arrêter à cinq albums en particulier. Mais là, au moment d’écrire ces lignes, si je devais remplir ma valise, je dirais :

–    Il était une fois la révolution d’Ennio Morricone (pour la nostalgie)
–    Dubnobasswithmyheadman d’Underworld (pour la drogue musicale naturelle)
–    OK Computer de Radiohead (pour le chef d’œuvre)
–    The Pharcyde – Labcabincalifornia (un bijou hip-hop qui réchauffe l’âme et qui vieillit tellement bien)
–    Paradis City de Jean Leloup (pas parce que c’est un classique, mais parce que le dernier album qui me fait triper est toujours celui que j’ai envie de réécouter en boucle… jusqu’au prochain)

Playlist!

Quel est l’artiste le plus sympathique que vous ayez rencontré?

J’ai déjà fait une entrevue en 1998 avec Björk… le jour de ma fête! J’étais un fan fini et je flottais… Se faire souhaiter «happy birthday» par Björk, il y a pire comme cadeau de fête! Sinon, le chanteur français Cali est aussi très chaleureux et généreux. Et le DJ et producteur français Laurent Garnier est un vrai gentlemen des plus sympathiques.

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Avec Laurent Garnier et Cali

Le moins sympathique? Pourquoi?

Je me souviens d’une entrevue désastreuse avec les légendes de l’électronica The Orb. Ils étaient complètement défoncés, n’écoutaient pas mes questions, et n’y répondaient pas plus. Totalement irrespectueux et immature. J’ai jeté l’entrevue.

Quel artiste brillant aurait dû percer davantage, selon vous?

Brillant, je ne sais pas, mais WD-40 aurait définitivement dû connaitre le succès qu’il méritait. Tout pour le rock!

Merci Eric!

 

Pour suivre les activités de la SOCAN ou consulter le magazine Paroles et Musique dont Eric Parazelli est le rédacteur en chef, cliquez sur les logos ci-dessous.

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About The Author

Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.