Depuis la sortie de « Tigre et diesel » en 2011, Olivier Langevin, leader du groupe Galaxie (jadis Galaxie 500), n’a pas chômé. Après une tournée de plus de 70 spectacles, le Jeannois de 36 ans a notamment réalisé le plus récent album de Mara Tremblay et a participé au retour de Gros Mené, avec son acolyte Fred Fortin. À la fin de l’année dernière, il a regroupé ses habituels complices de Galaxie : Pierre Girard, Pierre Fortin, Fred Fortin, Karine Pion et François Lafontaine (Élage Diouf et Fanny Bloom ont aussi collaboré).

Un seul « mantra » est revenu tout au long des sessions d’enregistrement : il fallait que ce soit zoulou, toujours plus zoulou. Les rythmes zoulous ont en effet fasciné Langevin : il prenait beaucoup de plaisir à visionner les populaires vidéos de danses, où l’on voit à l’œuvre ce peuple d’Afrique du Sud. Langevin reconnaît également l’influence du légendaire bluesman malien Ali Farka Touré. Ce métissage d’influences et ces contraintes imposées donnent donc cet excellent « Zulu », le quatrième album du groupe, qui sort cette semaine.

Les sonorités zoulous sont surtout reconnaissables sur la chanson-titre, avec un rythme puissant et un groove irrésistible. Le son de batterie, explosif et énergique, est à l’avant-plan (on entend également peu de cymbales). De son côté, la voix de Langevin est fortement traitée et reléguée plus loin dans le mix. Dès la deuxième pièce du disque, Robot lynx, les claviers enveloppants de François Lafontaine saisissent l’oreille et créent une ambiance plutôt spatiale, parfois psychédélique, qu’on retrouvera sur les huit autres chansons. Un bon solo de guitare très fuzzy de Langevin se fait aussi entendre. Par ailleurs, le trip science-fiction de l’album démarre sur ce morceau, alors que Langevin se place dans la peau d’un robot lynx.
Voici Robot lynx, et l’album en entier peut être écouté sur la page bandcamp du groupe.

Le rythme est également très entraînant sur Dragon, qui contient des références textuelles à Walk On The Wild Side, de Lou Reed, et à Câline de blues, d’Offenbach! Des sonorités synthétiques dominent Interstice et Champ de mine, alors que Portugal, avec ses guitares lourdes, interpellera sans aucun doute les fans des premiers albums de Galaxie. Peu avant la fin, une voix inconnue dans l’interlude instrumental Tank nous remercie d’utiliser le « Galaxie submarine express ». Le trio de chansons qui clôt l’album est aussi lourd et chargé que ce qui précède. Pétrole brut se démarque du lot, avec une ambiance joliment psychédélique.

Avec « Zulu », Galaxie réalise donc un intéressant mélange entre des rythmes africains énergiques, du stoner rock assumé et des textures électroniques planantes. Il en résulte une sonorité dense, voire saturée. Dans les circonstances, le mix de Pierre Girard (qui est aussi coréalisateur de l’album avec Langevin et Pierre Fortin) est réussi; tous les éléments sont bien balancés et à leur place et l’ensemble est très homogène. D’une durée de 32 minutes, « Zulu » est un peu court et ne contient pas non plus de bombe comme Piste 1, mais est tout de même explosif et intense. C’est finalement un album fait pour la scène, alors que la plupart des chansons ont été enregistrées en temps réel. On pourra justement voir Langevin et sa bande le 18 juin prochain, dans le cadre des Francofolies de Montréal.

zulu galaxie
GALAXIE
Zulu
(La meute, 2015)

-Genre : stoner rock électro

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L'épopée interstellaire de GALAXIE
Originalité85%
Authenticité80%
Accessibilité80%
Direction artistique85%
Qualité musicale90%
Textes80%
83%Overall Score
Reader Rating: (3 Votes)
90%

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.