Gary Clark Jr est peut-être la prochaine sensation blues rock, si on en croit certains articles et communiqués annonçant son arrivée dans l’univers musical. Pour mousser sa présence au festival Osheaga l’été dernier, on multipliait les références notoires : un nouveau Hendrix? ou est-ce plutôt un nouveau Kravitz? S’inscrit-il plutôt dans la récente vague de Motown revival que l’on constate avec l’émergence des Leon Bridges, Michael Kiwanuka, Curtis Harding et autres artistes qui suivent la trace indélébile laissée par feu Amy Winehouse?

Quoiqu’il en soit, le musicien de 31 ans, né et installé à Austin au Texas est tout un guitariste. Sur Grinder, certainement qu’on y entend l’influence d’un maître comme Jimi Hendrix : la note est juste, elle est puissante et elle est bien sentie. Pas si flamboyant que ça : ça sent le Hendrix en studio, pas celui qui brûle sa guitare sur scène. Sur Star, il pose un fond musical plus soul, plus sensuel, et se laisse davantage influencer par un Bill Withers au niveau du chant. Le gars n’est pas qu’un adepte de la six cordes : il sait chanter et mener une chanson à bon port.

 

« The Story of Sonny Boy Slim » est un album très solide, son 4e en carrière et 2e chez Warner après « Blak and Blu » datant de 2012. Lorsque Gary Clark Jr y met tout son cœur et s’élance sans filet dans un blues amoureux, ça donne des perles comme Our Love, une chanson qui comblera sans peine tous les couples de la Terre. Church, livrée à la guitare acoustique et harmonica, tel les chansons des Beatles ou de Dylan du début des années 60, est un autre brillant exemple de la maîtrise de la forme par Clark Jr. Son chant est parfait, bien senti, jamais exagéré, même s’il passe avant tout par l’émotion.

gary clark jr 2015live

Les médias qui s’y connaissent ont raison de crier au buzz : Gary Clark Jr est un artiste qui fera l’unanimité avec son art. Et oui, les fans de blues rock qui cherchent un successeur à la lignée des guitar heros à la Eric Clapton, Robert Cray et Stevie Ray Vaughan devraient définitivement apprécier son jeu de guitare électrique, mais eux comme les autres se rendront vite compte qu’il y a bien plus que ça à vivre avec sa musique.

gary clark jr 2015

Gary Clark Jr roule sa bosse dans l’industrie depuis la fin de son adolescence. Le proprio du bar Antone’s, à Austin, l’a encouragé à ses débuts et lui a fait rencontrer Jimmie Vaughan, qui lui a à son tour donné un coup de pouce. En 2001, alors qu’il n’a que 17 ans, le maire d’Austin proclame une « Gary Clark Jr Day », suivant sa collection de prix aux Austin Music Awards, en tant que meilleur guitariste blues, trois ans de suite. Il croisera le fer avec les Clapton, BB King, Buddy Guy, Jeff Beck et autres au Crossroads Guitar Festival en 2010 et jouera par la suite avec une panoplie de musiciens, de Sheryl Crow à Alicia Keys, en passant par le Dave Matthews Band, Mick Jagger, Dave Grohl et Joe Walsh.

On n’a pas fini de l’entendre.

GARY CLARK JR
The Story of Sonny Boy Slim
(Warner Bros, 2015)

-Genre: soul rock

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.