Le Néerlandais Jacco Gardner fait partie de cette vague d’artistes et de groupes qui font revivre et réactualisent le rock psychédélique. À la différence de Temples, Foxygen ou Allah-Las, Gardner déploie une instrumentation colorée et texturée, proche du baroque pop de la fin des années 60. Des couches de mellotron, de clavecin et de synthétiseurs habillent les chansons de son deuxième album,  « Hypnophobia », sorti la semaine dernière. Bien que légèrement inférieur à l’excellent « Cabinet Of Curiosities », ce nouvel opus fera tout de même planer les amateurs du genre.

« Hypnophobia » débute avec la dynamique Another You. Avec moins d’écho et de réverbération que sur le premier album, la voix de Gardner paraît un peu mince sur cette pièce, même si la sonorité est plus claire et moins diffuse. Sur la rêveuse et imagée instrumentale Grey Lanes, on s’imagine courir de manière béate dans les champs. Un joli arpège à la guitare et un enveloppant mellotron transportent la très bonne Brightly. Les synthés et la basse sont en parfaite fusion sur Find Yourself, qui est une des meilleures chansons de l’album. Face To Face est cependant un peu monotone et tombe à plat.

Outside Forever est beaucoup plus inventive, avec un mur de mellotron et des synthés à l’ambiance spatiale. D’une durée de huit minutes, Before The Dawn est la plus longue pièce du disque – et de loin. Largement instrumental, ce jam protéiforme, même s’il n’est pas de la trempe de Interstellar Overdrive (du Pink Floyd de Syd Barrett), est tout de même très intéressant. Jacco a le mérite de sortir de sa zone de confort et de nous offrir une chanson qui semble moins structurée et plus improvisée. La chanson-titre a la même forme, et est tout aussi réussie. On embarque cependant un peu moins dans la très courte Make Me See. L’album se termine avec l’excellente All Over, ballade instrumentale dominée par les claviers.

On retrouvait une atmosphère de fête foraine psychédélique sur « Cabinet Of Curiosities », mais sur « Hypnophobia », Jacco Gardner nous a amenés ailleurs. Certaines pièces ont un côté folk-pop psychédélique, alors que d’autres sont d’amples improvisations avec un peu plus de mordant. L’évolution d’un album à l’autre semble toutefois aller d’elle-même. Dans sa réactualisation du baroque pop des années 60, Jacco Gardner trouve lentement mais sûrement sa voie (et sa voix aussi). Même s’il manque encore de mélodies fortes et accrocheuse, son nouvel opus est en général très satisfaisant.
Avis aux amateurs, Jacco Gardner sera au Ritz le 16 juin prochain.

jacco gardner hypnophobia
JACCO GARDNER
Hypnophobia
(Polyvinyl Records, 2015)

-Genre : baroque pop/psychédélique
-Dans le même esprit que Tame Impala, Foxygen et Temples

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Planant JACCO GARDNER
ORIGINALITÉ 75%
AUTHENTICITÉ 80%
ACCESSIBILITÉ 85%
DIRECTION ARTISTIQUE85%
QUALITÉ MUSICALE85%
TEXTES 75%
81%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.