Aujourd’hui, parlons soul (une fois n’est pas coutume). On parle soul parce qu’on est tombés sur un chanteur qui ne fait pas dans la demi-mesure lorsqu’on parle d’authenticité et d’intensité.

Vu et surtout entendu au Festival International de Jazz de Montréal fin juin 2011, Lee Fields (and The Expressions sur scène) livre de l’émotion avec un grand E. Pas de larmoiement ni de lamentations, plutôt une belle collection de cris du cœur livrés avec énergie. On pense tout de suite aux grands: Otis Redding, Marvin Gaye, Janis Joplin. Ceux et celles qui laissent tout leur âme dans chaque note. Lee Fields est de ceux-là. Rien à voir avec la flamboyance kitch d’un James Brown ni l’esthétisme des stars souls du top 40. On parle d’un homme qui livre ses tripes à fond.

Sur disque, si le dynamisme des cuivres n’a pas le même impact ni la même chaleur que sur scène, la voix du chanteur originaire de Brooklyn, NY, elle, est bien présente. Lorsqu’il chante What Can a Man Do When a Woman is All He’s Got, on sent bien que Fields ne nous raconte pas du pipeau.

Sa voix peut devenir claire comme rocailleuse, selon les circonstances. Mais chose certaine, Lee Fields l’utilise pour livrer d’intenses émotions, parlant bien sûr beaucoup de relations amoureuses (ou du manque de). Je met au défi la dame à laquelle Fields supplie de ne pas le quitter de passer son chemin!

Né dans la petite ville de Wilson en Caroline du Nord, Fields a évidemment grandi en écoutant du soul Motown. À la fin des années 60, il travaille avec des musiciens qui fonderont des groupes funk assez connus dans le milieu : Kool and the Gang, Sammy Gordon and the Hip-Huggers et Little Royal. Il produit dans les années 70 un mythique album, Let’s Talk it Over, fort recherché par les collectionneurs et connaisseurs de funk, encore aujourd’hui. Au fil de sa longue carrière, Lee Fields est devenu une référence au même titre qu’Al Green ou Sam Cooke : un des Grands chanteurs de soul.

Voici quelques petites perles signées Lee Fields:

Le band de Fields est impeccable sur disque comme sur scène, laissant toute la place à son chanteur vedette, charismatique mais humble. Sans jamais tomber dans le pastiche, ils livrent une musique soul directement importée d’une autre époque, les 70s (l’instrumentale These Moments). On y trouve un bel équilibre de basse groove, guitare wahwah, orgue discret, cuivres et quelques violons tissant un fond propice à l’explosion d’énergie qu’est Lee Fields. Bref, du soul comme ça, on en aura jamais assez.

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LEE FIELDS & THE EXPRESSIONS
My World
(Truth and Soul, 2009)

-Genre.: soul
-Définitivement recommandé si vous aimez Otis Redding, Marvin Gaye, Sam Cooke

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.