Le parcours de Leon Bridges a de quoi étonner. Pas plus tard que l’an dernier, ce Texan de 26 ans était encore laveur de vaisselle dans un restaurant de sa ville natale de Fort Worth. Il chantait où il le pouvait, et où on voulait bien l’écouter. Voilà maintenant que le jeune homme est signé avec Columbia Records, et son superbe premier album, « Coming Home », est paru le mois dernier.

Ayant appris à jouer de la guitare pour accompagner ses compositions, Bridges était tout d’abord un fan de R&B des années 90. C’est un peu plus tard qu’il a découvert la musique soul de la fin des années 50 et du début des années 60. Eurêka : l’album de Leon Bridges est une pertinente et efficace recréation de la musique soul de cette époque, attitude et look en prime. L’album a aussi vu le jour grâce à une rencontre inattendue entre Bridges et Austin Jenkins et Joshua Block, membres du groupe texan White Denim. Jenkins et Block ont amené Bridges à leur studio, où « Coming Home » a été enregistré avec des musiciens locaux sur de l’équipement des années 40 et 50.

La chanson-titre est parue en single en février et a vraiment attiré l’attention. Et pour cause : le son est splendide, le groove est impeccable et la livraison de Bridges est très décontractée, mais dénotant de l’assurance et de l’émotion. L’album débute d’ailleurs avec cette pièce. Difficile à croire, mais la pièce qui suit est presque meilleure que la première. Better Man est une pièce rétro soul irrésistible, avec un brillant solo de saxophone, des choristes qui apportent beaucoup au chant principal, une ligne de basse bondissante et juste ce qu’il faut d’écho.

Après un tel début, la qualité des chansons s’amenuise quelque peu, mais il y a plusieurs belles trouvailles. La magnifique River, qui clôt l’album, montre un côté plus gospel, tant dans les thématiques abordées que dans la facture musicale. Ailleurs, Leon Bridges nous montre qu’il est très à l’aise dans les ballades, comme sur l’envoûtante Pull Away et sur la très belle Lisa Sawyer, écrite en hommage à sa mère. Sur les pièces au tempo plus animé, notamment sur les très bonnes Twistin’ & Groovin’ , Smooth Sailin’ et Flowers, Bridges est tout aussi efficace.

Ce n’est pas toujours convaincant de tenter de recréer des sons d’une époque disparue depuis longtemps, même avec le matériel de jadis. Mais Leon Bridges y est arrivé sur « Coming Home ». Il a cette capacité plutôt rare de sonner familier et de rappeler une époque, mais tout en étant suffisamment original et actuel. Sa voix fait certes penser à celles de Sam Cooke, d’un jeune Marvin Gaye ou même d’Otis Redding, mais elle a sa propre personnalité. Bien qu’imparfait, « Coming Home » est un très bon premier album de la part du Texan.
On pourra d’ailleurs l’entendre le 22 octobre prochain au Théâtre Corona.

leon bridges coming home
LEON BRIDGES
Coming Home
(Columbia Records, 2015)

-Genre : Soul rétro
-Influencé par Sam Cooke, Marvin Gaye et Otis Redding

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Le retour dans le temps de LEON BRIDGES
ORIGINALITÉ 70%
AUTHENTICITÉ 90%
ACCESSIBILITÉ 85%
DIRECTION ARTISTIQUE85%
QUALITÉ MUSICALE85%
TEXTES 80%
83%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.