Au titre approprié, le premier album du groupe québécois Lisbonne Télégramme, « Miroir d’automne », fait la part belle à une douce mélancolie automnale. Les sonorités sensuelles et langoureuses, proches de la dream pop, dominent les neuf pièces du disque. Au tempo plutôt lent, ces chansons prennent un peu de temps à être assimilées, mais en y faisant une écoute attentive dans un état d’esprit réceptif, on découvre des ambiances apaisantes et réconfortantes.

Le projet de Lisbonne Télégramme a pour origine la rencontre entre Maritza Bossé-Pelchat et François Dufault, du groupe The Blue Seeds. Participante à la première cuvée de Star Académie, Maritza a commencé à échanger des idées de chansons avec Dufault alors qu’elle faisait un long séjour au Portugal. De retour au Québec, le duo a ajouté deux ex-Blue Seeds, Martin Farmer et Éric Rathé, et l’enregistrement de l’album s’est fait au studio B-12 de Valcourt (le mixage est l’œuvre de Guillaume Chartrain, du duo Navert). La violoniste Sophie Trudeau, de Godspeed You! Black Emperor, a aussi participé à l’opus.

L’album s’ouvre avec la planante Au loin, où une slide guitar installe bien une ambiance rêveuse et mélancolique, avec les paroles qui sont tout de même pleines d’espoir : « N’entends-tu pas, mon amour? Le bruit sourd des tambours annonce un nouveau jour ». La voix plaintive et attendrissante de Maritza est à son meilleur sur la très belle Fugitive (qui contient également du mellotron, comme plusieurs autres pièces du disque). Le thème de l’amour et de l’éloignement est exploré sur la magnifique Où es-tu?, qui est portée par l’envoûtant violon de Sophie Trudeau : « Je sais bien que ton amour s’éloigne de moi. Et mon cœur, somnambule, s’accroche à tes pas ».
Voici un teaser, et l’album au complet peut être écouté sur la page bandcamp du groupe.
http://www.youtube.com/watch?v=xdMoWAe_DfM

La très bonne Bientôt se démarque quelque peu du lot, avec le refrain qui s’anime. L’émotion de Tant de souvenirs est forte, surtout avec ces mots : « Tant de souvenirs en moi, tant de toi qui m’a suivi. Les vagues qui se brisent sur mon cœur me ramènent toujours un peu de toi ». On sent aussi la douleur d’être éloigné de l’être cher sur la jolie Lisbonne sans toi : « Ton parfum, encore, enivre mon corps. Et je t’envoie un télégramme ». On embarque cependant un peu moins dans Je n’ose plus, Miroirs d’automne et Avant que l’on se noie.

Lisbonne Télégramme livre donc un bon premier album, qui est finalement très homogène. C’est sa force, mais c’est parfois sa faiblesse, dans la mesure où le ton est un peu trop semblable d’une pièce à l’autre. Mais quelques chansons se démarquent tout de même de l’ensemble. La qualité de la réalisation et de l’interprétation sont aussi à souligner.

lisbonne télégramme miroir d'automne
LISBONNE TÉLÉGRAMME
Miroir d’automne
(L-A be, 2015)

-Genre : dream-folk franco
-Dans le même esprit que Cocteau Twins, Mazzy Star et Beach House

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La douce mélancolie de LISBONNE TÉLÉGRAMME
Originalité70%
Authenticité85%
Accessibilité70%
Direction artistique80%
Qualité musicale75%
Textes80%
77%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.