[Je vous rassure, la Biosphère est toujours là. Crédit photo: Karl-Philip M. G.]

Se retrouver à Osheaga est une tradition annuelle toujours bienvenue, même lorsque les têtes d’affiche sont un peu moins excitantes pour moi, puisque la quantité d’artistes permet toujours autant de découvertes que d’occasions de renouer avec ceux qui ont développé une certaine maturité depuis leur dernier passage en salle. L’édition 2017 comprend de plus son lot de nouveautés qui dépassent largement l’aspect musical.

D’abord, ce nouveau site, qui sera le domicile de Osheaga pour les deux prochaines années pendant que l’espace traditionnel se refait une beauté et s’agrandit. Je comprends qu’on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a et que les contraintes sont nombreuses pour l’installation temporaire, mais on marche si longtemps pour passer du métro Jean-Drapeau aux scènes du festival qu’on a l’impression de passer par Longueuil pour se retrouver à Pointe-aux-Trembles.
Une fois le site atteint, le déplacement entre les scènes est parfois laborieux et se fait par de longs corridors entre les food trucks et les différentes activations de commanditaires. Bref, ça peut complexifier le plan d’attraper deux moitiés de groupes qui jouent simultanément, mais c’est ultimement bon pour mon objectif annuel de prendre des décisions plus rapidement.

Si la vue sur les deux scènes principales est un peu obstruée, le son est néanmoins au point. Ça vaut d’ailleurs pour toutes les scènes, on peut amplement profiter de la qualité des instrumentations, dans la mesure où les artistes sont bel et bien en train de jouer… Puisque la pluie était non seulement à l’horaire, mais les absents aussi.

Badbadnotgood

Ayant manqué le groupe à Wayhome l’an dernier, j’étais bien excité de les retrouver, d’autant plus que l’album IV est en rotation constante chez moi depuis des mois. Au moment même où ils ont pris leurs instruments, un membre de l’équipe technique est couru sur scène afin de les… couvrir. La pluie venait d’avoir instantanément raison de ce show qui m’avait donné une excuse de quitter le travail en douce. Et quelle pluie! Presque digne de l’alerte de risque de tornade (!) qui venait d’apparaitre sur mon iPhone. Solution? Tenter de courir se cacher dans la tente des médias, malheureusement beaucoup trop loin pour y parvenir sans se noyer. Je fus accueilli au passage tel un réfugié par la fort sympathique équipe en charge de la sensibilisation aux drogues sur le site. Bien caché dans leur tente, j’en ai profité pour me renseigner sur tous les effets secondaires que je ne vivrai jamais. Surtout, leur travail est aussi indispensable que bien organisé.

Votre humble serviteur apprenant TOUT sur la kétamine bien à l’abri. J’ai résisté.

Une heure plus tard, la pluie cesse et c’est l’heure de la prise 2! Badbadnotgood joueront maintenant à la plage horaire originalement prévue pour De La Soul (que j’étais dangereusement excité de rayer de ma liste), mais voilà que ces derniers on du annuler pour cause de “problèmes de transport”. Est-ce que ça veut dire que quelqu’un a oublié de les prendre à l’aéroport? Ou que leur avion est parti en tourbillon dans une tornade? On ne saura jamais.
Les musiciens de BBNG se réinstallent, débutent une pièce, puis… la pluie revient, encore plus violente. Le groupe continue néanmoins quelques minutes avec seulement le batteur qui entonne “Seven Nation Army” (!) et la foule qui tente de chanter pour garder le moral. Mon corps atteint ses limites d’absorption, je cours cette fois vers le chalet VIP attendre que ça reprenne.

Bref, j’ai vraiment essayé fort de voir BBNG. Il y a forcément une malédiction. Ce sera pour le prochain album…

Car Seat Headrest

Je reviens me positionner à la même scène pour cette fois attendre le rock aussi efficace que étonnamment mature de Car Seat Headrest. Pendant ce temps Sampha donne sa prestation léchée sur le scène juste à côté, ce qui me permet de constater une fois pour toute que… sa musique ne me fait absolument rien. Je vais assumer et vous laisser me lancer le panier de tomates. Je vais mettre ça sur le dos de jouer quelque chose d’aussi slow tempo à 16h un vendredi.
Will Toledo et son groupe commencent donc en force avec “Vincent” et le ton est donné pour 6 pièces épiques en 50 minutes d’indie rock dans sa forme la plus pure qui soit. Le public avait l’air conquis et l’artiste aussi, promettant même de ne pas se laisser arrêter par la pluie qui (évidemment) reprenait. Bonus: l’excellente et un peu plus âgée “Beast Monster Thing” en clôture. Premier moment fort de la fin de semaine.

Car Seat Headrest, bien au sec avec une tuque un peu trop grande et un Rubbermaid bien en vue. Crédit photo: Karl-Philip M. G.

MGMT / Justice

Bonne nouvelle, les membres de MGMT ont finalement relativement appris à manier leurs instruments sur scène. Ça s’est joué sans grande surprise, mais avec une pléiade de succès oh combien efficaces. S’ils n’ont pas su se maintenir au sommet après deux premiers albums réinventant leur propre formule, on oublie néanmoins combien de hits ils ont ont pu produire en si peu de temps. Une belle surprise.

Justice a ensuite su vraiment mettre la fête dans la place, d’autant plus avec un jeu d’éclairage superbement au point. Seul handicap? Les deux membres sont tout simplement incapables de bouger sur scène (malgré un indéniable talent pour avoir l’air cool même sous forme statique), se contentant de lever les doigts (ou faire semblant de?) vers la console toutes les 3 minutes. Bref, une réussite sonore qui ratisse large, mais la valeur ajoutée est vraiment dans le visuel et non la performance. Reste que c’était probablement ce qui était le plus nécessaire pour remettre la foule sur la bonne voie pour les deux jours à venir.

 

 

Rendez-vous ce samedi; espérons-le bien au sec à partir de la mi-pm!

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Karl-Philip Marchand Giguère

Obsessif compulsif qui classe ses albums d’abord en ordre alphabétique d’artistes, puis de parutions (avec les simples sous les albums, question de confondre encore davantage les gens qui le visitent), Karl-Philip oeuvre dans l’industrie depuis plus d’une décennie. Il a touché à tout: maisons de disques, gestion de salles de spectacle et rédaction professionnelle pour de nombreux artistes. Il assiste à de nombreux shows lorsqu'il n'est pas désespérément en train d'essayer de faire de la place dans sa bibliothèque musicale.