Il y a de ces albums qui sortent de nulle part pour se loger directement, et solidement, dans votre oreille. Ces albums d’artistes plus ou moins connus, qui ont souvent un beau bagage musical dans les coulisses de l’industrie ou en tant qu’accompagnateur.

C’est un peu le cas de Paul Kalkbrenner, un producteur de musique électronique berlinois de 38 ans. Il a connu un certain succès avec la pièce Sky and Sand mais s’était surtout spécialisé en musique pour la télé. Il joue d’ailleurs le rôle principal d’une populaire série allemande, Berlin Calling.

Son album “7” m’arrive directement de Sony et me tombe profondément dans l’oreille. J’aime la richesse des sons des claviers de Kalkbrenner sur des morceaux comme Battery Park ou Feed Your Head. J’aime l’effet entraînant, modérément enlevant, qui est exactement à mi-chemin entre la musique dansable et celle qui fait rêver. Les ambiances de Kalkbrenner sont envoutantes, enveloppantes et soyeuses (Channel Isle) mais un rythme constant les soutient très bien. Un peu comme US3 à l’époque lounge à la fin des années 90, ou encore St-Germain, au tournant du millénaire, Kalkbrenner maîtrise à la fois l’accroche et l’ambiance.

 

Je suis moins convaincu par la version moderne du classique White Rabbit de Jefferson Airplane, devenu Feed Your Head chez Kalkbrenner. Le DJ n’a retenu que la piste de chant — magnifique — de Grace Slick et y a accolé une rythmique dansable qui rend le tout vraiment différent de la chanson originale. Même la mélodie devient étrangement peu familière par moments, puisque la musique du Berlinois n’a vraiment rien à voir avec celle composée en 1967.

Idem pour A Million Days, autre pièce sur laquelle il y a du chant. Cette fois, il s’agit d’un échantillon de Luther Vandross dont la voix ressemble à beaucoup d’autres chanteurs soul pop. Pas mauvais mais pas remarquable non plus.

Je ne crierai pas au génie parce que plusieurs moments sont très redondants, comme Mothertrucker qui reste bloqué sur la même miniséquence de 3 notes pendant 5 minutes, mais il y a des très bons moments sur cet album. « 7 » est le quatrième album de Kalkbrenner en quatre ans, qui, pour l’histoire, est le petit-fils de l’artiste peintre est-allemand Fritz Eisel. L’opus est déjà #1 en Allemagne, en Autriche et en Suisse, et dans les tops 10 belge, italien et hollandais.

PAUL KALKBRENNER
7
(Sony Music, 2015)

-Genre : électronique, pop
-Dans le même esprit que St. Germain, Zero7

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.