(J’ai vraiment, mais vraiment manqué d’inspiration pour le titre. Vous m’en voyez désolé).

Le festival Pop Montreal débute ce mercredi, ce qui implique que je serai un nomade pour cinq jours. Voici donc un premier guide pour ceux qui me pourraient me chercher pendant cette période critique de l’année. La bonne nouvelle, c’est que si vous me trouvez, vos oreilles risquent de me remercier.

 

Mercredi: Sun Kil Moon (Fédération ukrainienne) 

Mark Kozelek a la pire réputation sur scène, s’en étant même pris encore dimanche dernier à The War On Drugs pour jouer en même temps (et plus fort) que lui au Ottawa Folk Festival (parce que bien sur ce sont WOD qui décidaient de l’horaire, tel que stipulé dans ce tweet ironique de leur part).

Qu’à cela ne tienne, son talent mélodique ne fait pas de doute et après tout, ne va-t-on pas voir un artiste pour le pur plaisir de le voir potentiellement s’auto détruire? Je suis presque aussi excité que la première fois que j’ai attendu que Craig Nichols/The Vines ne se renverse sur scène il y a maintenant dix ans. Oh, aussi, je vieillis, je l’assume.

 

Jeudi: Steve Albini fait à manger (Food Lab de la SAT)

Le légendaire ingénieur sera discussion au QG de Pop Montreal le mercredi, mais ce que je veux vraiment voir de mes yeux, c’est cette occasion unique de le voir nous partager sa passion culinaire au Food Lab le jeudi après-midi. Celui qui est reconnu autant pour son travail sur un nombre incalculable de légendaires albums alternatifs (dont Nirvana, les Pixies, Mclusky et de nombreux autres) que pour s’emporter dans ses propos sur l’industrie sera fascinant à regarder faire une soupe. Un contexte exceptionnel pour voir quelqu’un dont l’influence décuplera encore sur des générations à venir, juste au moment où son groupe Shellac vient de faire paraitre l’excellent album au titre inimitable Dude Incredible.

 

Vendredi: Sheryl Crow (Olympia) 

Mais non, je blague. Quoi que je ne pourrai jamais clamer ne pas l’avoir vu, mon subconscient ayant fait un tour de force pour me rappeler qu’elle était parmi les artistes que j’ai subi un soir d’élections américaines à Boston, alors que je me trouvais au rassemblement démocrate en cas de victoire de John Kerry. Les autres artistes présents pour l’occasion? James Taylor, Jon Bon Jovi solo vêtu d’une chemise en jeans prête à lui exploser sur le corps et… les Black Eyed Peas. Ça explique peut-être la défaite à la présidentielle.

Bref, où serai-je pour éviter de ressasser de tels souvenirs? Probablement à Timber Timbre, dont le nouvel album Hot Dreams n’a de cesse de séduire la critique partout. Une rare occasion de l’entendre dans son intégralité, tandis que le groupe propose toujours des arrangements sonores et visuels exceptionnels.

 

Samedi: Deafheaven avec No Joy (Bar Le Ritz – anciennement le Il Motore) 

Ça doit bien faire 3 ou 4 ans que je n’ai pas vu No Joy, mais croyez moi, ça vaut grandement la peine sur scène, l’énergie des albums étant décuplée. Ce qui vaut encore plus la peine? Deafheaven, dont l’album Sunbather s’était presque hissé au sommet de mon palmarès l’an dernier. Leur unique mélange des genres (ambiant, métal, hardcore, post-rock) se résume principalement à la dimension plus lourde en concert, mais cela n’empêchera le Ritz (!) de probablement déborder, tandis que Ty Segall sera à l’oeuvre dans un Club Soda probablement tout aussi plein.

 

Dimanche: Unicorns (Metropolis)

Certains albums de Islands ont laissés une marque indélébile (à commencer par A Sleep And A Forgetting, auquel je dois une fière chandelle à une période critique de ma vie, je dois l’admettre), mais rien ne peut égaler revivre les premiers moments de folie de ce groupe dont l’implosion n’aura jadis surpris personne. La hache de guerre enterrée, la maturité musicale installée, le meilleur est à prévoir pour ce qui sera le dernier concert de la courte tournée de réunion du groupe pour un avenir prévisible. Incontournable, il n’y a pas d’autre mot.

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Karl-Philip Marchand Giguère

Obsessif compulsif qui classe ses albums d’abord en ordre alphabétique d’artistes, puis de parutions (avec les simples sous les albums, question de confondre encore davantage les gens qui le visitent), Karl-Philip oeuvre dans l’industrie depuis plus d’une décennie. Il a touché à tout: maisons de disques, gestion de salles de spectacle et rédaction professionnelle pour de nombreux artistes. Il assiste à de nombreux shows lorsqu’il n’est pas désespérément en train d’essayer de faire de la place dans sa bibliothèque musicale.