Quel beau projet lumineux, d’Éric Goulet, que ce concept de réunir sept auteurs-compositeurs interprètes de renom, pour sept jours, dans un chalet (à Valcourt). Le tout afin de leur donner le défi de créer du nouveau matériel, collectivement. Les thèmes et les collaborateurs, tirés au vol, au hasard, sur des petits bouts de papier, jetés dans un chapeau! Le produit final, un disque radieux, regorgeant d’authenticité, de vérité poétique, mu par un country-folk chaleureux; de la pop inspirante à souhait. “Sept jours en mai“, le disque, est paru en mars dernier.

 

Quelle réussite, ce fut aussi, sur scène, au Gesù, dans le cadre des Francofolies, pour une résidence de 2 soirs. Fabuleux de les voir réunis dans un concert aussi intime. Sept artistes, autre part tous illustres, nous ont fait vivre un joli et désarmant deux heures! Du bonbon, d’avoir la chance de voir se produire de telles icônes dans une aussi menue salle; Michel Rivard, Luc de Larochellière, Mara Tremblay, Éric Goulet, Gilles Bélanger, ainsi qu’Ariane Ouellet et Carl Prévost des Mountain Daisies étaient, pour l’occasion, à fendre l’âme d’abandon artistique. Bravo au batteur aussi, Vincent Carré, huitième membre, indispensable en cette occasion!

 

Photo: Victor Diaz Lamich

Photo: Victor Diaz Lamich

 

“Si j’ai le coeur, j’irai là où il me mène…”

Emmurés dans un studio pour 7 jours, l’an dernier, oeuvrant du lever du soleil jusqu’aux petites heures; ils ont façonné un disque (composé et réalisé lors de cette seule semaine) tellement pur, varié et resplendissant. L’instantanéité de tout ce potentiel créatif a permis de faire naître 14 morceaux nobles et célestes. Ça brillait sur tous les yeux hier, tant du côté du public, que de celui de la scène. Malgré le cumul hallucinant de talent, de métier et de maîtrise, aucun signe de complaisance ici; plutôt une mise à nu touchante et sincère de la part des membres qui, perceptiblement, ont vécu ensemble une expérience spontanée exceptionnelle.

 

“Entends ce que je dis, d’aujourd’hui et d’hier”

En plus du rutilant matériel du nouveau disque, les sept nous ont aussi chanté, ici et là, un ou deux de leurs succès individuels; à titre d’exemple, le Blues de la métropole (version musclée) de Rivard (Beau Dommage); Le Comme un cave de Goulet (Possession Simple); Les aurores de Mara Tremblay; Six pied sur terre de Luc de Larochellière; Mon bel amour avec Gilles Bélanger (Texte de Miron du collectif Douze Hommes Rapaillés); Tomber dans le country même, par les Mountain Daisies. L’alliage de ces classiques morceaux aux nouvelles chansons, sur papier, ne m’apparaissait pas une idée épatante, à priori. Oh! combien je me suis trompé; j’ai été saisi et conquis par le naturel de ce mélange délectable.

 

Photo: Victor Diaz Lamich

Photo: Victor Diaz Lamich

 

Ce concert c’est toute une expérience nous ayant été livrée, comme un cadeau, sous cette scène coiffée d’un joli mobile de feuilles, compositions et poèmes. Musicalement très riche, avec son chassé-croisé d’instruments sublimes, entre les sept complices; ceux-ci passant librement de la guitare électrique, au violon, à l’orgue, etc. De ce projet qui a su oser sans jamais doser, un feu nous a été transmis sans jamais compter; les petites anecdotes, les récits de compositions, toute cette amitié partagée avec nous! Si vous avez le temps, dans “le train-train qui vous traîne”; offrez-vous cette dose de printemps, sur scène et/ou sur disque, au minimum. Ce “monde” unique, foisonnant et tendre, crée en sept jours, pour notre bonheur auditif.

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.