C’est avec beaucoup d’ambiguïté que je vous écris cette critique à propos de «57th & 9th», le plus récent album de STING. D’un côté, il me fait extrêmement plaisir de vous parler de l’un de mes artistes préférés, mais d’un autre, cet album me laisse un peu sur mon appétit.

Puisqu’il a le loisir de faire à peu près ce qu’il veut depuis des années, STING ne participe – rien de surprenant – qu’à des projets qui lui tiennent à coeur depuis fort longtemps; tournée avec les vieux chums de THE POLICE, album à saveur théâtrale, reprises «jazzy», petits projets d’acting, etc.

 

Le chanteur dose ses apparitions et sait se rendre juste assez discret sauf que cette fois-ci il nous fait sortir de table entre deux services!

Il y a quelques mois déjà, j’étais fébrile et curieux lorsque les détails de «57th & 9th» ont filtrés dans les médias: STING allait faire un retour au rock, lui qui s’en distançait presque? Mieux, le premier extrait, I Can’t Stop Thinking About You, quoi que surprenant à la première écoute, se voulait très accrocheur, l’automne 2016 allait s’avérer savoureux.

 

13 chansons au total, des compositions originales, une voix toujours aussi à point malgré un 65 ans bien sonné, une sonorité rock digne des premiers albums de THE POLICE, tout se voulait très bon sous la dent dès la première bouchée. Mais voilà, au final la portion se veut un peu chiche.

Un véritable amateur de STING se sentira comme à la maison en écoutant cet album. Le bonheur de retrouver cet artiste plus grand que nature est réel et on se surprend à battre le rythme dès les premières mesures. Le vieux routier est un maître dans son domaine et toutes les subtilités d’une bonne recette musicale lui sont familières. C’est avec grand doigté qu’il soupoudre ses concoctions des bons éléments; justesse de l’interprétation, réalisation précise et intelligente, textes poétiques et imagés.

I Can’t Stop Thinking About You, 50,000, Pretty Young Soldier, sont toutes des pièces que l’on veut réécouter avec plaisir, mais les véritables pièces de résistance de cet album se retrouvent en 7e et 8e positions avec les excellentes Heading South On The Great North Road et If You Can’t Love Me. Ces deux dernières nous ramènent directement au très bon matériel que l’artiste nous offrait la fin des années 90 et du début des années 2000. L’influence de Dominic Miller, fidèle guitariste et complice depuis toujours, se fait sentir sur plusieurs de ces chansons, au grand plaisir des convives.

Le moment le plus touchant de l’album se veut très certainement la troublante Inshallah qui raconte le trajet périlleux de réfugiés du Moyen Orient en direction de l’Europe, par delà les éléments et une mer dangereuse et impardonnable. Une pièce magnifique tant au niveau du texte que de la musique.

 

Lorsque je mentionnais ci-dessus l’aspect chiche de l’album, c’est que deux chansons sont reprises deux fois sur l’album ce qui monte le nombre de plage à 13. Évidemment ce compte ainsi gonflé déçoit, car c’est deux ou trois chansons originales de plus qu’il aurait fallu pour compléter ce délicieux festin. Contrairement à d’autres auteurs-compositeurs qui semblent atteindre le bout de leur créativité, STING a encore la flamme et le don de livrer des pièces rafraîchissantes et touchantes et c’est pourquoi on aurait pu légitimement s’attendre à au moins deux autres pièces à la place de ces reprises.

Pour conclure, il est facile d’affirmer que cet album se mérite une très belle mention et fera le plaisir de bien des gastronomes de la musique. STING ne se prend pas pour un jeunot et ne se risque pas à chanter des trucs qui ne sont pas de son âge. Ses chansons, intemporelles et intelligentes, plairont à coup sûr. Un vrai délice!

 

sting 57th9th album

STING
57th & 9th
(Cherrytree, Interscope, A&M, 2016)

-Genre: rock, rock
-Un son rock digne des débuts de THE POLICE et certaines pièces douces à la STING.

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Alexandre Daneau
blogueur RREVERB

Dès son plus jeune âge, Alexandre s'intéresse à la musique et se procure tous les 45 que son petit argent de poche le lui permet. Au fil des ans, il développe un intérêt particulier et certain pour la musique en provenance des îles Britanniques. "Dan", pour les intimes, se déniche un emploi chez l'un des grands distributeurs nationaux et se plaît immédiatement dans l'industrie de la musique. Il met la main à la pâte et s'implique encore plus concrètement dans le processus de mise en marché d'artistes nationaux et internationaux chez un label. Il travaille pendant plus de 6 ans en tant que rédacteur pigiste et gestionnaire de communauté à la section musique de l'un des grands portails canadiens.