C’est un tout autre type de répertoire que le trio The Bad Plus nous a présenté ce soir, dans le deuxième d’une série de trois concerts au Gésù, dans le cadre du Festival de Jazz. Joint cette fois par le saxophoniste indien Rudresh Mahanthappa, le trio a laissé de côté ses penchants rock, amplement explorés hier soir (voir texte ici), pour plonger dans le free jazz plus flyé.

Tout aussi spectaculaire, mais définitivement moins accessible pour les néophytes, les quatre virtuoses ont interprété des plusieurs morceaux d’Ornette Coleman (dont la lente Sadness ou Law Years), deux signés Charlie Parker (dont Hymn) et Lee Konitz.

Le sourire aux lèvres, en extase, le batteur Dave King est un plaisir à regarder jouer! Il est tout simplement épatant. Même quand il “prend de la place” dans un morceau, c’est avec doigté et élégance. Probablement l’un des meilleurs batteurs que j’aie vu jouer en personne, derrière le génie qu’est Brian Blade.

 

La communication entre d’excellents musiciens jazz est quelque chose d’extraordinaire. Non seulement savent-ils exactement où s’en va le morceau, mais ils arrivent à suivre d’une oreille attentive ce que les autres membres du groupe font, tout en pensant à leur propre jeu! Ça prend une lucidité et une vigilance de tous les instants pour garder le cap, tout en sortant des sentiers battus (et pas à peu près dans le cas de The Bad Plus).

Le contrebassiste Reid Anderson plutôt “discret” la veille par rapport au batteur King, a pris beaucoup plus de place, avec quelques solos par piqués des vers, menant quelques morceaux, dont Sadness, à l’archet.

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Anderson et King durant “Sadness” (photo: Nico Pelletier)

L’élégant saxophoniste Mahanthappa s’est facilement intégré au trio, riant les blagues musicales (comme ces petits jams de 5 secondes lors de la présentation des musiciens), s’accaparant de l’espace avec une flopée de notes assez “free”, ou s’effaçant discrètement lorsque Mahanthappa ou le pianiste Iverson prenait le lead. Son large sourire après chaque morceau indiquait le plaisir qu’il a eu ce soir.

Et il n’est certainement pas le seul à avoir souri ce soir! Le public du Gésù est sorti une fois de plus ravi de cette magnifique salle intimiste, qui offre une belle proximité avec les musiciens, en plus d’une acoustique hors pair.

 

THE BAD PLUS et leur invité RUDRESH MAHANTHAPPA jouaient au Gésù, le vendredi 30 juin 2017, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal.

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.