Que dire sur ce légendaire qui n’a pas été dit? Non seulement les Beatles marquent l’Histoire du Rock avec de brillantes pièces que tous connaissent (Lucy in the Sky with Diamonds et la pièce titre), mais s’illustrent aussi en les faisant littéralement exploser avec d’audacieux arrangements jamais entendus auparavant dans le rock, gracieuseté du brillant George Martin. Ainsi l’on peut carrément entendre un quatuor à cordes accompagner la voix de Paul sur She’s Leaving Home, un peu à la Eleanor Rigby, un ensemble orchestral de « parade » sur When I’m Sixty-Four, une musique de cirque sur For the Benefit of Mr Kite, un duo d’instruments indiens (tabla, sitar) et orchestraux traditionnels sur Within You Without You (de George, bien sûr) et surtout une orchestre complet délirant complètement sur la classique et géniale A Day in the Life. Durant ces 129 jours qu’a demandé la conception de « Sgt Pepper », les Beatles et George Martin trouvèrent un tas d’idées à exploiter. Jamais avait-on tendu une telle variété de chansons ni autant d’idées, sur un disque pop!

Le documentaire ci-dessous retrace la conception ainsi que l’époque dans laquelle « Sgt Pepper » a été créé. Comme vous verrez, les premières chansons prévues pour ce nouvel opus, Strawberry Fields Forever et Penny Lane, firent lancées en tant que single et ne figurèrent pas sur « Sgt Pepper », mais donnèrent le ton au style musical voulu.

« Sgt Pepper » fut la première œuvre rock à voir ses pièces liées d’une à l’autre (toute la première face), à voir les paroles des chansons imprimées sur la pochette intérieure. L’idée initiale venait de Paul, qui voulait se servir d’un groupe imaginaire pour se distancer de la Beatlemania, écoeurés par les concerts où ils ne s’entendaient pas jouer. Au final, seules les trois premières chansons étaient liées à un « concept » unique. Deux ans plus tard, The Who écriront l’opéra rock « Tommy », première œuvre  véritablement continue. Il reste que les Beatles ont parfaitement saisi l’époque, le psychédélisme, le flower power qui débutait. Les quatre musiciens (et George Martin) vont ajouter des instruments jamais entendus en rock.

La conceptualisation de la pochette principale où une foule de gens, que les quatre musiciens admiraient, se retrouvent peints sur des panneaux est aussi révolutionnaire, pour l’époque. Dans cette photo de groupe artificielle, les plus habiles reconnaîtront les auteurs Edgar Allen Poe, Aldous Huxley, HG Wells, William Burroughs et Oscar Wilde, les acteurs Marlene Dietrich, Marlon Brando, Mae West et Shirley Temple, les musiciens Bob Dylan, Dion DiMucci, Karlheinz Stockhausen (!) et Stuart Sutcliffe (un ex-Beatle de la période Hambourg décédé en 1962, grand pote de Lennon) ainsi qu’une floppée de gourous indiens, gracieuseté d’Harrison, grand amateur de la chose. Bref, avec ce chef-d’œuvre, les Beatles marquent l’histoire de l’enregistrement de musique populaire. Plus jamais on ne fera des disques comme ceux sortis avant « Sgt Pepper ».

Le magazine Rolling Stone le classa premier parmi les 500 Greatest Albums of All Time. Il s’en vendit plus de 30 millions d’exemplaires.

THE BEATLES
Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
(Capitol, 1967)

-Genre : pop psychédélique
-Dans le genre de King Crimson, Donovan, The Hollies

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.