(The Dears au Théatre Fairmount le 20 novembre 2015. Crédit photo: Karl-Philip M. G.)

The Dears sont une fixture incontournable de la scène montréalaise depuis maintenant deux décennies, et s’ils n’ont pas eu la chance de se tailler la place enviable de certains de leurs successeurs tels que Arcade Fire et Wolf Parade (et ils en étaient bien près, disons-le), ils ont su cultiver un succès d’estime récurrent qui place toujours leur son unique au centre de l’échiquier indie-rock. Bref, Murray Lightburn demeure un auteur-compositeur au style incomparable et persiste à se renouveler en demeurant toujours fidèle à lui-même et rien ne le prouve mieux que l’excellent premier extrait “I Used To Pray For The Heavens To Fall”.

Après une longue pause de 5 ans pendant laquelle la seule apparition fut celle de Mass:Light, un opéra électro rock expérimental de Murray, le groupe est réapparu le mois dernier avec Times Infinity Volume One, premier tome d’un diptyque. Si l’excellent lancement au Centre Phi marquait parallèlement les 20 ans du groupe, la prestation d’hier se voulait la véritable rentrée de la tournée officielle.

Qu’est-ce qui nous attendait donc? Un groupe un peu moins volubile, plus en mode “prestation” que “célébration”, mais surtout un setlist qui laissait d’autant plus de place au nouvel album. Si les versions des nombreux classiques du groupe sont plus “droit au but” depuis le (à nouveau) départ du guitariste un peu plus mathématique Tigre Benvie, l’énergie en bénéficie néanmoins avec un côté rock renouvelé. L’énergie sera d’ailleurs palpable pendant une inattendue version de l’excellente “5 Chords” du précédent Degeneration Street.

Bref, l’alignement actuel du groupe se solidifie et ça se sent plus la performance avance. La foule emboitera d’ailleurs le pas de façon marquée avec “Lost In The Plot”, balancée en plein milieu plutôt qu’à l’habituel rappel. Murray en profitera pour empoigner à son tour la guitare électrique, avant de faire un bain de foule bien entouré et revenir esquisser quelques pas de danse inattendus.

Les pièces du sous-estimé Gang Of Losers donneront également le ton, puis le groupe se fait attendre pour un rappel au cours duquel on retrouve Murray seul à la guitare acoustique, le temps de fredonner une magnifique version de “There Goes My Outfit” (parfois un peu trop enterré par une foule qui refuse obstinément de cesser de parler en fond de salle) avant d’être rejoint par le groupe pour la deuxième portion de la toujours incontournable et aussi belle “The Second Part”.

Revigorés, ils offrent en finale une version plus qu’électrique de “22: The Death of All The Romance” qui permet enfin à Patrick Krief de s’illustrer en enchainant les solos dont on le sait capable. Murray fera sa part aussi à la guitare, bien collé sur Nathalia à qui il volera un adorable bec avant de nous dire au revoir.

Bref, une belle soirée en famille qui donne déjà hâte de revoir The Dears à leur retour, mais aussi d’entendre ce fameux Times Infinity Volume Two. Rendez-vous en 2016.

Réagissez à cet article / Comment this article

commentaires / comments

About The Author

Karl-Philip Marchand Giguère

Obsessif compulsif qui classe ses albums d’abord en ordre alphabétique d’artistes, puis de parutions (avec les simples sous les albums, question de confondre encore davantage les gens qui le visitent), Karl-Philip oeuvre dans l’industrie depuis plus d’une décennie. Il a touché à tout: maisons de disques, gestion de salles de spectacle et rédaction professionnelle pour de nombreux artistes. Il assiste à de nombreux shows lorsqu'il n'est pas désespérément en train d'essayer de faire de la place dans sa bibliothèque musicale.