Nom de scène de Kristian Matsson, The Tallest Man On Earth a fait paraître la semaine dernière son quatrième album complet. « Dark Bird Is Home » en surprendra sûrement plus d’un, puisque pour la première fois, le Suédois de 32 ans a enregistré ses compositions avec un groupe complet. Finies, donc, les ballades dépouillées et intimistes auxquelles ils nous avait habitués. En lieu et place, on retrouve des arrangements étoffés, mais des textes personnels, les plus authentiques de sa discographie. The Tallest Man voulait certes rendre sa musique plus accessible et attrayante, mais il ne sacrifie rien de ce qui avait fait la force de ses précédents albums, dont le magnifique « There’s No Leaving Now », sorti en 2012.

Enregistré de juin à septembre 2014 dans plusieurs studios de différents pays, « Dark Bird Is Home » débute doucement avec une guitare acoustique sur Fields Of Our Home. Des cuivres et des cordes s’élèvent lentement, et des vocalistes se joignent aussi à Matsson. Cette chanson est bien représentative de ce nouvel album, où l’on retrouve un texte personnel et métaphorique sur une musique qui est à tour à tour dépouillée et étoffée. La voix de Matsson est par ailleurs moins semblable au jeune Dylan, comme si elle s’était adoucie par rapport à ses autres albums. Dès la seconde pièce, la très bonne Darkness Of Our Dream, on retrouve le groupe qui fait un très bel accompagnement folk-rock authentique. Sur Singers et Beginners, l’instrumentation est beaucoup plus minimaliste, et ces deux pièces auraient presque pu se retrouver sur un de ses trois opus précédents.


00:00 – Fields of Our Home / 4:30 – Darkness of the Dream / 09:32 – Singers / 12:49 – Slow Dance / 16:24 – Little Nowhere Towns / 19:50 – Sagres / 25:04 – Timothy / 29:22 – Beginners / 32:39 – Seventeen / 36:48 – Dark Bird is Home

La chanson-titre, qui conclue l’album, est une des meilleures du lot : le talent mélodique de Matsson est évident. Le crescendo final est également superbe. Très entraînante, Sagres a tout de même un propos très sombre : « And the sadness I suppose, gonna hold me to the ground, where I’m forced to find the still, in a place you won’t be ’round ». Un superbe motif de piano transporte la très belle Little Nowhere Towns, alors qu’une instrumentation foisonnante donne un élan irrésistible à l’excellente Slow Dance. On est cependant un peu moins convaincu par Timothy et Seventeen, qui semblent forcées, moins naturelles.

De toute évidence, The Tallest Man On Earth connaît bien sa musique américaine, de Woody Guthrie à Tom Petty, en passant par Bob Dylan, Paul Simon et Bruce Springsteen. Il réussit à synthétiser toutes ses influences sur « Dark Bird Is Home », tout en gardant le côté intimiste et personnel de sa musique. Malgré quelques faux pas, il étend sa palette sonore de belle manière et nous offre un très bon album!

the tallest man on earth dark bird is home
THE TALLEST MAN ON EARTH
Dark Bird Is Home
(Dead Oceans, 2015)

-Genre : folk-rock
-Un mélange entre Bob Dylan, Deer Tick et Villagers

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THE TALLEST MAN ON EARTH étend sa palette sonore
ORIGINALITÉ 70%
AUTHENTICITÉ 85%
ACCESSIBILITÉ 80%
DIRECTION ARTISTIQUE80%
QUALITÉ MUSICALE80%
TEXTES 85%
80%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.