Taylor Kirk, Simon Trottier et Mika Posen viennent de signer un très bel album! Sur « Hot Dreams », paru le 1er avril dernier, Timber Timbre combine les éléments gagnants de formations telles Tindersticks (la pièce titre, Hot Dreams), d’une voix grave et sensuelle à Leonard Cohen ou Jean-Louis Murat et d’éléments musicaux touchant autant au jazz, à l’indie folk qu’au rock psychédélique.

« Hot Dreams » est un album transcendant, qui transporte l’auditeur dans un univers passionnant, touchant grâce à une performance vocale hors pair (l’excellente Bang the Drum Softly) et une musique inspirée (Curtains!?). On replonge dans le psychédélisme du « 21st Century Schizoïd Man » avec ces claviers inquiétants, présents tout au long des 43 minutes de l’album.

Voici une playlist avec sept des dix morceaux de « Hot Dreams » puis plusieurs autres des albums précédents (aussi excellents!).

La voix de Taylor Kirk domine complètement cette grande œuvre à la façon de Cohen et Murat mais la musique y est bien plus élaborée (donc meilleure!) chez Timber Timbre. Voilà qui n’est pas peu dire. C’est aux meilleurs albums de Tindersticks et de Nick Cave & the Bad Seeds que « Hot Dreams » se compare avec ses chansons fortes mais délicates, sombres mais lumineuses. Un album qui n’hésite pas à insérer des interludes instrumentaux pour améliorer l’expérience globale.

Il y a quelque chose de magique avec cet album de Timber Timbre. Déjà, la voix caverneuse de Kirk amène un épais brouillard de mystère que seuls Cohen (il y a longtemps), Stuart A. Staples (de Tindersticks) et Nick Cave ont réussi à créer. Ensuite, la musique du trio est magistrale. Des pièces comme The Three Sisters, qui clôt l’album, sont carrément inquiétantes. Elles pourraient illustrer à merveille des moments tendus des films de Quentin Tarantino ou de David Lynch. On n’a pas souvent entendu une telle maîtrise des ambiances. On doit presque remonter à la bande sonore de « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » et du Bowie de l’époque berlinoise. Des morceaux comme Resurrection Drive Part 2, instrumentaux, injectent une dose d’hypnose, de confusion cérébrale qui ne fait que nous préparer à plonger encore plus creux dans la psychose.

Mais ne craignez rien! Tout cela n’est pas désagréable ni agressant! C’est plutôt comparable à l’état d’esprit dans lequel on est projetés lorsqu’un film bien réalisé nous captive (Grand Canyon). Aucun moment faible sur ce « Hot Dreams » de Timber Timbre, aucun aspect à améliorer, ce qui rend évident une note presque parfaite.

Timber Timbre avait précédemment lancé deux albums eux-mêmes (« Cedar Shakes » en 2006 puis « Medicinals » l’année suivante), avant de joindre les rangs de Arts & Crafts qui les a relancés, et de livrer « Timber Timbre » (2009 chez Out Of This Spark) puis « Creep On Creepin’ On » (A&C). Ces deux derniers furent choisis sur la « longue liste » des finalistes au prix de l’album canadien de l’année, le Polaris.

Timber_Timbre_Hot_Dreams

TIMBER TIMBRE
Hot Dreams
(Arts & Crafts, 2014)

-Genre : psyche folk americana
-Dans la même veine que Tindersticks, Nick Cave & the Bad Seeds, Jean-Louis Murat

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TIMBER TIMBRE : sérieux candidat au disque de l’année 2014
Originalité90%
Authenticité85%
Accessibilité85%
Direction artistique100%
Qualité musicale100%
Textes85%
91%Overall Score
Reader Rating: (2 Votes)
93%

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.