Ce n’est pas parce que je suis le rédacteur en chef de RREVERB que je me permets un top 25 alors que tous les merveilleux collaborateurs (que je remercie chaleureusement au passage) se sont limités à un top 10. Non. C’est surtout parce que j’ai eu l’honneur et le plaisir (et parfois le courage) d’écouter pas moins de 1300 albums sortis en 2014 cette année. Vous avez bien lu… Je n’ai pas pu me limiter à 10 dans cette masse. Je me DEVAIS de vous en présenter 25, et encore je me suis retenu pour ne pas faire un top 30 (remerciez-moi).

2014 est mon année soul. J’ai découvert de merveilleux musiciens, souvent chanteurs, aux voix qui transpercent l’âme : Curtis Harding, Son Little, Paolo Nutini, Mavis Staples, Kelis et l’unique Me’Shell Ndegeocello m’ont touché. Plusieurs vétérans dans ce top, ainsi que plusieurs artistes montréalais ont marqué mon année. Voilà, lançons-nous, dans ces 25 beautés de 2014.

25. ELIZABETH SHEPHARD

The Signal
(Linus Entertainment, 2014)

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Elizabeth Shephard est une exploratrice musicale qui ne se limite pas à un genre musical. Son nouvel album « The Signal » — déjà son 6e en carrière — en est un nouvel exemple criant. La chanteuse montréalaise qu’on a entendue chanter du jazz mais aussi de la pop lounge (High) s’élance maintenant dans un musique soul lounge très sensuelle, assez proche de ce faisait Portishead (en moins trip hop) ou Morcheeba, au début du présent siècle (Willow). Les 12 chansons de « The Signal » sont toutes très bien livrées, chacune avec sa couleur particulière, comme les enfants nombreux d’une même famille.
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24. ROYAL BLOOD

Royal Blood
(2014 – Warner UK)

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On n’avait rien entendu d’aussi solide depuis les beaux jours de Rage Against The Machine! Ce duo Anglais a de la hargne à revendre et reprend – avec bien plus de muscle –  la formule basse électrique (qui sonne souvent comme une guitare) et batterie à la Black Keys et le rock brut de Jack White et des élans de Nirvana. Rien de moins.

Lorsque je les ai vus à Osheaga cet été, les deux jeunes hommes étaient furieux parce que l’équipement sonore faisait défaut. « On nous a conseillé de ne pas jouer tellement le son n’est pas à la hauteur, mais vous êtes tous là, aussi crinqués que nous, alors f**k, on y va » a lancé Mike Kerr (traduction libre…) avant de sauter sur sa basse fuzzée. Inspiré et inspirant!
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23. MESHELL NDEGEOCELLO

Comet, Come To Me
(Naïve, 2014)

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Un album riche de toutes sortes d’influences, de Norah Jones à… Donovan! Cette musicienne soul, jazz, rock, folk, reggae réussit ici son meilleur album en carrière.
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22. SYLVAN ESSO

Sylvan Esso
(Partisan, 2014)

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Lorsque j’ai vu ce sympathique duo performer en première partie de tUnE-yArDs à La Tulipe plus tôt cette année, j’ai été charmé. Ces deux humbles et sympathiques personnages, un gars aux machines et une fille au micro, s’enthousiasmaient de leur propre musique, dansant comme s’ils étaient seuls dans leur salon… entraînant la foule, conquise par cette belle énergie. Ils ont un punch intéressant, à des moments où l’on ne s’en entend pas. Sur disque, c’est plus calme, mais pas moins intéressant.

21. OTIS BROWN III

The Thought of You
(Blue Note, 2014)

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Le nouvel album du jazzman américain Otis Brown III et de son ensemble est très intéressant, bourré d’action (musicale) si j’ose dire! Les morceaux joués par son band all star, dont le pianiste Robert Glasper.

Le batteur du New Jersey n’hésite pas à utiliser différentes stratégies modernes, comme les enregistrements de voix, en boucle, qu’il insère ici et là sur l’album (Interlude 1 — Truth) pour agir en tant qu’interstices entre différentes ambiances. N’allez pas croire que « The Thought of You » d’Otis Brown III soit inaccessible. C’est du jazz “pour adulte”, c’est certain, mais c’est une musique passionnante, où il se passe des tonnes “d’événements”. Ce n’est pas reposant, mais pas stressant non plus. C’est du haut de gamme!
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20. ALVVAYS

Alvvays
(Polyvinyl, 2014)

Alvvays

Alvvays fait de l’excellent pop rock qui fait taper du pied tout en offrant une musique de qualité. La chanteuse Molly Rankin utilise beaucoup la réverbération, ce qui rappelle Mazzy Star. La musique d’Alvvays est par contre beaucoup plus dynamique. La grande majorité des neuf titres sont intéressants.
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19. PIERS FACCINI & VINCENT SEGAL

Songs of Time Lost
(No Format!, 2014)

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Piers Faccini est un musicien exceptionnel. Un chanteur qui allie grande classe et élégance autant dans ses disques de folk intime que dans ses projets de collaboration. Faccini devrait connaître le même rayonnement qu’un Patrick Watson, un Adam Cohen ou une Salomé Leclerc tellement sa musique est belle et délicate (Cammina Cammina).

On le retrouve ici avec le violoncelliste Vincent Segal, celui-là même qu’on a entendu aux côtés d’Arthur H par le passé. Les deux musiciens se sont concentrés sur des musiques anciennes, oubliées du répertoire ancien. L’intimité créée par le somptueux jeu de violoncelle et la voix calme et élégante fait de « Songs of Time Lost » un album presque spirituel. Le genre de musique qui élève l’âme, qui fait (presque) croire au divin.
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18. AZEALIA BANKS

Broke with Expensive Taste
(Prospect Park, 2014)

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En décembre 2011, la jeune rappeuse Azealia Banks frappait fort avec l’excellente bombe 212 (feat. Lazy Jay) : un morceau assez dansant, mais qui n’avait pas oublié d’être bien construit, assez musical, et surtout intense.

Trois ans plus tard, la jeune femme de 23 ans de Harlem lance un premier album complet, bourré de pièces riches en contretemps et en bons vers. La musique est toujours originale chez Azealia Banks : la rythmique est dépouillée à son maximum, et les influences sont très variées. Idle Delilah joue dans le territoire d’une M.I.A. avec son impression vaguement orientale, puis, l’ambiance vire du tout au tout avec la soul Gimme A Chance, où la basse funk et les cuivres prennent beaucoup de place. Il y a même un passage complètement latin vers la fin de la pièce! Au morceau suivant, Desperado, Banks se paye des accords de jazz en intro, avant de diriger son groove vers un univers un peu plus inquiétant et sombre.

Trouvez-moi une autre rappeuse qui place des xylophones et un hautbois dans sa musique, pourtant très accessible pour les pistes de dance. Une très belle variété!
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Écoutez-moi ce tube

17. MOODOÏD

Le Monde Möö
(A LSO / Sony, 2014)

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Imaginez un mélange de trois parts égales des artistes suivants: Blonde Redhead, Mazzy Star et… Mylène Farmer! Malaxez jusqu’à ce que la consistance soit molle et malléable, ajoutez des champignons magiques, laissez reposer. Quelques heures plus tard, vous aurez un parfait plat de Moodoïd! Ajoutez maintenant du maquillage digne de Goldfinger (vous connaissez vos classiques de James Bond?) au chanteur et principal compositeur (Pablo Padovani) et entourez-le de quatre filles musiciennes (Clémence, Lucie, Maud, Lucie), et vous avez un band avec un look unique, à mi-chemin entre celui d’Arcade Fire et du glam des années 70.

Recommandé si vous aimez Malajube, The Residents et Bernhari, mais adorez en secret Desireless, Mylène Farmer et Plastic Bertrand.
Oui, c’est fou de même!
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16. ALT-J

This Is All Yours
(Infectious, 2014)

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La réalisation, signée Charlie Andrew (le collaborateur des débuts), est carrément magistrale: c’est un délice de découvrir les perles cachées à la sixième écoute. Parce que « This Is All Yours » est ce genre d’album qu’on aime bien à la première écoute puis qu’on adore lorsqu’on tombe dans le bon état d’esprit pour bien décoller, dans les mêmes dispositions. C’est effectivement après plusieurs écoutes qu’on découvre les couches inférieures et toute la profondeur de la musique d’Alt-J (The Gospel of John Hurt).

Vraiment, on a là un autre très bon album de la part d’Alt-J, que je vous recommande que vous ayez adoré le premier ou que vous ne les connaissiez pas ni d’Ève ni d’Adam.
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15. CURTIS HARDING

Soul Power
(Burger Records, 2014)

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Curtis Harding a « le package » : sa musique et son chant est marquée par le soul (I Need A Friend) mais avec une touche folk rock une fois (Next Time), plus psychédélique une autre (Castaway), plus disco 70s plus loin (Keep On Shining), plus garage rock  encore plus loin (Surf), puis de vieux rock 60s (Drive My Car)… Le gars réussit tout ce qu’il entreprend!

« Soul Power » est un album allumé, énergique, complètement captivant qui présente un artiste inspiré, à la voix d’or, à la musique puisant autant chez les grands qui l’ont précédé – difficile de ne pas penser à Marvin Gaye, Curtis Mayfield et Al Green – que chez des stars du soul d’aujourd’hui, pensons à Ben Harper, Michael Kinawuka et même les Black Keys.
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14. DAMON ALBARN

Everyday Robots
(Parlophone, 2014)

Damon Albarn

Le premier album solo de Damon Albarn (Blur, The Good, the Bad and the Queen, Gorillaz), est plutôt déprimant. Si ses textes reflètent sa vie amoureuse, il doit être en pleine séparation ou en crise de couple… Mais cet album est très bien conçu, plus touchant qu’on pourrait s’attendre (You and Me) d’un artiste cool et en contrôle comme Damon Albarn.

Il chante toujours avec ce flegme typiquement britannique. Comme je l’ai lu sur Pitchfork récemment, ce grand ado de 45 ans « a toujours l’air d’être à cinq minutes de sa prochaine sieste » et c’est l’impression qui se dégage de ce nouvel album. Un artiste talentueux, unique et attachant.
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13. SON LITTLE

Things I Forgot
(Anti- Records, 2014)

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À voir son nom, Son Little, on croirait un chanteur blues des années 60. À l’écouter, on entend un artiste moderne qui puise dans le riche héritage de ses prédécesseurs, blues et soul. Ce disque de Son Little me fait penser au dernier de R.L. Burnside: une vieille voix, hantée, avec des arrangements modernes.

Son Little a une voix qui transperce l’air (Your Love Will Blow Me Away When My Heart Aches). Ça reste avant tout du soul bien senti, livré avec passion comme l’aurait fait Sam Cooke, Otis Redding et les autres. Mais l’emballage est moderne, sans jamais être pop, recherché sans jamais étouffer le soul de cet artiste souffrant, implorant l’être aimé (Joy).

On aime ce soul sans compromis, renouvelé, passionné. Très fort!
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12. TONY ALLEN

Film of Life
(2014, Harmonia Mundi / Jazz Village)

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Tony Allen doit être considéré comme l’un des artisans importants de la musique (et du succès) de la légende africaine Fela Kuti. C’est lui qui tenait la rythmique – si importante! – d’Africa 70, le meilleur des groupes de Kuti. Pour beaucoup, Tony Allen est le meilleur batteur au monde. On l’a aussi entendu avec Manu Dibango et le supergroupe de Damon Albarn : The Good, The Bad and The Queen.

La grande force de « Film of Life » réside dans la qualité et l’excentricité des sonorités. On reconnait tous les éléments, mais on n’est définitivement pas habitués à les entendre dans le même morceau (Koko Dance).

J’adore découvrir des musiciens qui ont eu un parcours important, de plonger dans leur immense répertoire, d’écouter ce qu’ils font aujourd’hui, avec tout ce bagage, toute cette expérience (musicale et de vie), où ils en sont. C’est l’essence de la vie.
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11. PAOLO NUTINI

Caustic Love
(Atlantic, 2014)

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L’Écossais d’origine italienne Paolo Nutini est tout un chanteur soul, malgré son jeune âge (27 ans). Il en est à son troisième album, « Caustic Love », une perle d’émotion soul comme on en entend rarement! Les fans d’Otis Redding, Al Green et Marvin Gaye doivent absolument se précipiter sur ce merveilleux album.

Ce qui est spectaculaire sur cet album est l’aisance avec laquelle Paolo Nutini adapte sa voix à différents styles musicaux: Diana est un slow très r’n’b qui aurait pu être chanté par Pharrell Williams ou Prince. Il s’exprime très bien sur Iron Sky, un langoureux blues qu’on pourrait prêter à Adele sans hésitation aucune.

C’est simple, Nutini prend la place laissée vacante par Joe Cocker et Rod Stewart… qui ne sont plus à la hauteur. Un album solide d’un bout à l’autre, qui touche à un large spectre d’émotions et de styles musicaux.
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10. ALDEN PENNER

Exegesis
(indépendant, 2014)

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C’est la fascination sans limite de ma collègue Nadine Mathurin envers ce musicien montréalais de 31 ans, jadis membre de Clues et de Unicorns, qui m’a convaincu de lui donner une chance… Et je n’ai pas été déçu! Alden Penner a une magnifique voix et un subtile jeu de guitare (ou de piano) qui charme par sa délicatesse.

9. BERNHARI

Bernhari
(Audiogram, 2014)

Bernhari

Peu d’artistes québécois émergents créent un engouement et une unanimité avant même d’avoir sorti un premier album. Le batteur-claviériste-chanteur auteur-compositeur-interprète Bernhari fait partie de cette courte liste. Qui est-il? D’où sort-il? Peu d’information sur le personnage.

Et super bonne nouvelle: l’opus est fascinant! La voix et la façon unique de chanter de Bernhari rappellent ces chanteurs français des années 70 (lequel? Gérard Lenorman, Salvadore Adamo ou Polnareff?) (la valse rétro Sainte-Catherine) combinées à une musique rock moderne à la Malajube et un lyrisme parfois proche de celui de Pierre Lapointe (Matapédia) ou même Morrissey. Voici un disque qui devrait séduire!
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8. LOST IN THE TREES

Past Life
(Anti, 2014)

LOST IN THE TREES past life

Un autre magnifique album (le troisième de suite!) de la formation américaine Lost in the Trees, menée par le folk singer Ari Picker, spécialisée en folk orchestral. On s’y délecte de mélodies complexes et d’orchestration riche (Excos) qui allient brillamment sensibilité emo pop avec somptueuses cordes (Lady in White).

La musique s’y envole librement, presque divinement par moments, en partie grâce aux sublimes vocalises d’Emma Nadeau, qui joue le rôle d’une Jennifer Warnes aux côtés d’un Leonard Cohen. La rythmique est souvent lancée en syncope, quelques notes dissonantes s’affirment à la guitare électrique ici et là.

Et, il y a ces chansons, comme Past Life, qui apparaissent tels des rayons de soleil au beau milieu d’une journée nuageuse, avec une allure plus conventionnelle, mais dont la douce puissance fait planer par l’intérieur.

7. LA MAISON TELLIER

Beauté pour tous
(AT(h)HOME, 2014)

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La première fois que j’ai entendu La Maison Tellier (oui, c’est un groupe de musique et non un fabricant de vins français), j’ai immédiatement pensé à Louise Attaque, Mano Solo et Noir Désir.

Le style musical est différent, mais le ton du chant est le même, l’urgence est la même, on y retrouve le même choc initial, réalisant que cette voix est unique, spéciale. Helmut « Tellier » a le même trémolo dans la voix que feu Mano Solo, mais sa plume est plus énigmatique (Sur un volcan). Il a la voix dominante, solennelle, imposante. Sur La fortune, l’honneur, les femmes…, c’est un poème récité l’arme au poing, supporté par un crescendo orchestral qui souligne que nous sommes « ivres de temps perdu ». Quel panache!
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6. ARTHUR H

Soleil dedans
(Mystic Rumba / Polydor, 2014)

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« Soleil dedans » a les mêmes qualités que les autres excellents albums de la longue carrière d’Arthur H: d’abord des chansons de qualité (Navigateur solitaire, un peu dans le mode mélodique à la -M-), des collaborations haut de gamme (dont le magistral Patrick Watson sur la magnifique et poétique Le tonnerre du cœur, son batteur Robbie Kuster et Mishka Stein) et des airs hyper entraînants (Les papous c’est nous, La caissière du Super). L’équilibre entre tous ces éléments en fait un disque fort, varié, intéressant d’un bout à l’autre. Un album qu’on aime écouter plusieurs fois, qu’on aime découvrir en profondeur, une fois pour écouter les instruments, une autre fois pour s’attarder aux paroles.
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5. TIMBER TIMBRE

Hot Dreams
(Arts & Crafts, 2014)

Timber Timbre

Sur « Hot Dreams », paru le 1er avril dernier, Timber Timbre combine les éléments gagnants de formations telles Tindersticks (la pièce titre, Hot Dreams), d’une voix grave et sensuelle à Leonard Cohen ou Jean-Louis Murat et d’éléments musicaux touchant autant au jazz, à l’indie folk qu’au rock psychédélique.

« Hot Dreams » est un album transcendant, qui transporte l’auditeur dans un univers passionnant, touchant grâce à une performance vocale hors pair (l’excellente Bang the Drum Softly) et une musique inspirée (Curtains!?). On replonge dans le psychédélisme du « 21st Century Schizoïd Man » avec ces claviers inquiétants, présents tout au long des 43 minutes de l’album. Il y a quelque chose de magique avec cet album de Timber Timbre…
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4. RAY LAMONTAGNE

Supernova
(RCA / Sony, 2014)

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C’est toujours un charme de retrouver Ray LaMontagne et ses merveilleuses chansons folk rock vaporeuses. Cette fois-ci, sur « Supernova », son 5e album en carrière, l’homme de Nashua au New Hampshire est plus psychédélique que jamais. Un disque où il pastiche presque tous les styles existants : de la pop psychédélique des Hollies au soul pop de Van Morrison, tout y passe!

Un album hautement recommandé, autant pour sa belle diversité que la réussite de chaque titre. Aucun temps mort sur « Supernova »!
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3. SALOMÉ LECLERC

27 Fois l’aurore
(Audiogram, 2014)

Salomé Leclerc

Parce que c’est ça, la magie de Salomé Leclerc. Elle nous fait pénétrer dans son univers intime (L’icône du naufrage) tout en gardant une épaisse couche de mystère (Arlon) qui nous permet de peindre notre propre univers sur ses chansons, selon notre propre vécu. Telle une peintre impressionniste, Salomé Leclerc suggère des émotions, des situations, et l’auditeur en fait ce dont il a envie. On y sent le feu, l’amour, parfois étouffés sous la glace, la peine (Un bout de fil).

Il reste une belle place pour les guitares électriques de Salomé Leclerc. Un élément important pour celle qui avoue prendre PJ Harvey, Feist et Cat Power comme modèles. La jeune auteure-compositrice-interprète de Sainte-Françoise-de-Lotbinière (dont elle fut l’une des 471 habitantes) n’a pas à avoir de complexes. En misant sur son talent et sur l’authenticité de ses émotions, Salomé Leclerc vise et fait mouche.
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2. SPOON

They Want My Soul
(Loma Vista, 2014)

Spoon

« They Want My Soul » est le 8e album de Spoon, et le dernier, à ce que j’entends. Le flegme britannique, un peu à la Damon Albarn, n’est jamais bien loin, dosant les guitares qui, un peu à la Strokes, tentent de pousser la machine plus vite.

Britt Daniel est tout un auteur de tubes. Je suis certain que bien des cyniques qui posent un regard dédaigneux sur Spoon crèvent de jalousie et aimeraient avoir le dixième du talent mélodique de Daniel. Ça leur permettrait de coucher sur disque des morceaux tels la pièce titre, de temps en temps. Sur « They Want My Soul », Daniel et sa bande ont pondu dix bombes potentielles. Un excellent album de rock accrocheur.
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1. TV ON THE RADIO

Seeds
(Harvest Records, 2014)

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C’est un album passionnant et surprenant que nous a livré le groupe brooklynois TV On The Radio avec « Seeds », paru en ce début d’hiver. Dès les premières secondes, l’oreille est scotchée aux phrases choc que lance Tunde Adebimpe « How Much Do I Love You / How Hard Must I Try » sur l’excellente pièce Quartz. Captivés, nous sommes. Tout l’album fera référence à cette perte, à ce malaise émotif.

« Seeds » est un album de peine d’amour, mais n’est toutefois pas un disque triste, musicalement parlant. La grande variété des morceaux et la recherche constante au niveau sonore en font un disque allumé et captivant d’un bout à l’autre.
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Je me dois d’ajouter quelques mentions à de très bons disques : « Sadnecessary » de MILKY CHANCE, « Lighthouse » de COCO MELIES, l’éponyme de ST.VINCENT, « lullaby and… The Ceaseless Roar » par ROBERT PLANT, « The Food » par KELIS, « I Forget Where We Were » BEN HOWARD, « Santa Maria » de DANY PLACARD, « I’m Free » par JORDAN OFFICER, « Little Secret » par NIKKI YANOFSKY, « 48 :13 » par KASABIAN, « After the Disco » par BROKEN BELLS (le projet de Danger Mouse) et « Midnight Sun » par THE GOASTT (le groupe de Sean Lennon) auraient mérité d’y être (mais ça aurait fait un top 37, ce qui n’a aucun bon sens). Et puis, je regarde les tops 10 de mes collègues et il y a plein d’albums que je n’ai pas écoutés… Plusieurs se faufileraient sans doute dans cette liste!

Bonne année 2015 toute en musique!

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About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.