La scène jazz norvégienne est en pleine effervescence! Du trompettiste Nils Peter Molvaer au guitariste Eivind Aarset (qui ont tous deux partagé la scène lors du Festival de Jazz 2016) en passant par le pianiste Tord Gustavsen, le petit pays scandinave est bien représenté sur les scènes mondiales qui accueillent les meilleurs jazzmen de la planète.

Tord Gustavsen est non seulement un pianiste et compositeur remarquable, mais il est aussi bachelier en psychologie et en musicologie de l’Université d’Oslo, où il a aussi enseigné le jazz et la théorie musicale une fois ses études terminées (1998-2002). À partir de 2003, il lance plusieurs albums de musique plutôt méditative, en format trio, avec Harald Johnsen à la contrebasse Jarle Vespestad à la batterie.

tord gustafvsen quartet

Le quatuor en 2015 (photo Hans Fredrik Asbjørnsen)

Il forme ensuite un quatuor (avec Tore Brunborg (saxophones), Mats Eilertsen (basse) et Vespestad (batterie), la chanteuse Kristin Asbjørnsen les rejoignant sur certaines pistes) avec lequel il enregistre “Restored, Returned” qui lui vaudra l’équivalent d’un Grammy en Norvège en 2009, puis “The Well” en 2012. Cette même année, les jazzivores de Montréal le découvrent dans une série de concerts au Festival de Jazz, où il occupe la scène intimiste du Gésù quatre soirs de suite, dans différents formats. C’est à ce moment que je me mets à écouter la magnifique musique de ce compositeur calme, apaisant, incitant à la relaxation.

 

Son plus récent album en format quatuor a été lancé en 2014. “Extended Circle” est un disque tout en douceur (The Gift) avec un certain groove par moments. Et tout est relatif dans cette dernière remarque. La pièce Staying There, qui met en valeur le saxophoniste Brunborg est plutôt dans le registre du “late night jazz”, mais en comparaison avec certains autres morceaux qui s’écouteraient tellement bien dans un spa scandinave (tiens, il y a peut-être un rapport…), c’est un morceau un peu plus vigoureux versus la moyenne de l’album. Le jeu de Gusfavsen est presque blues sur son solo de la fin. Mais ce sont plus des morceaux joués tout en douceur, comme Devotion.

Il était âgé de 43 ans lors de l’enregistrement de cet album, et se disait encore vivement intéressé par la psychologie. Tord Gusfavsen a publié une longue thèse sur le paradoxe de l’improvisation ainsi que rédigé un essai intitulé “The Dialectical Erotism of Improvisation” en vue d’une conférence à l’Université de Pandova, en Italie, en 2008. On peut le lire ici.

tord gustavsen extended circle

TORD GUSTAVSEN QUARTET
Extended Circle
(ECM, 2014)

-Genre: jazz

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.