Malheureusement passée un peu trop sous le radar pour de la musique de cette qualité, l’auteure-compositrice-interprète Geneviève Toupin, qui utilise le nom Willows, a créé un magnifique premier album, délicat et émotif (Les chemins), dans le même genre que ce que font Salomé Leclerc, Tori Amos ou Cats on Trees dans les moments les plus entraînants (Entends-tu?).

Il est également étonnant d’entendre une artiste avec un nom anglophone chanter en français. Ça s’explique par le fait que Mlle Toupin désire se rapprocher de ses racines franco-manitobaines, anglophone et Métis. On perçoit d’ailleurs un léger accent ici et là (Au-delà des étoiles) et une faciliter à alterner entre les langues (Bill Murray). On perçoit également des fables et images amérindiennes (Oiseau tonnerre), qu’elle pige dans son patrimoine.

Le folk intimiste de Willows est très bien fait. Les chansons sont toutes basées sur de solides mélodies que l’on remarque dès la première écoute. Son spleen est touchant (Tout ça passera) et ses chansons sont assez différentes les unes des autres pour ne jamais tomber dans la monotonie. Willows a une façon de chanter qui transmet un certain blues (Sweet Trouble), mais ce qui fait toute la différence sont les arrangements : aussi cools et subtils que du JJ Cale, aussi efficaces ceux sur l’album de Katie Moore (Warren C. Spicer, Joe Grass et compagnie). À l’instar de cette dernière, la musique, belle mais effacée, permet de concentrer l’attention sur le chant de Willows et ses confidences.

Le guitariste André Papanicolaou (collaborateur de Monsieur Mono, Vincent Vallières) et la violoncelliste Mariane Houle (de Monogrenade) font partie de cette belle équipe qui entoure Willows, en plus d’Émilie Proulx, co-réalisatrice de l’album, une amie de Toupin avec laquelle elle a travaillé les harmonies vocales et les arrangements.

Ce n’est pas la première fois que les deux jeunes femmes travaillent ensemble. Le prochain train, enregistré dans ce qui semble une entrée d’hôtel est très réussi.

Un bel album. Un joli portrait d’une jeune femme fort habile à composer des chansons intéressantes, qu’elle livre sans se presser, en savourant chaque moment (Paris chante).

Il s’agit d’un troisième opus, sous un troisième nom différent pour la jolie brune aux yeux bleus. D’abord un éponyme sous le nom de Geneviève Toupin en 2009, puis ensuite sous le nom de projet The Ocean Pictures Project, en 2012, et maintenant Willows.

Les prochains spectacles de Willows sont prévus les 21 mars au Centre National des Arts à Ottawa et le 28 mars à la Grange, de Stoneham. On consulte son site web pour la suite.

WILLOWS
Willows
(Sirène des plaines, 2014)

-Genre : chanson folk calme
-Dans le même genre que Tori Amos, Salomé Leclerc, Vincent Vallières, Neil Young

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.