La chanteuse coréenne Youn Sun Nah est une femme de contrastes: elle est toute délicate lorsqu’elle parle au public (mercredi soir au Monument-National, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal). D’une petite voix de souris, avec un grand sourire d’enfant timide sur le visage, elle s’exprime dans un français impeccable, nous salue et présente ses musiciens.

Puis, elle prend deux secondes de silence afin de plonger en elle-même avant d’amorcer un nouveau titre de son répertoire… et là, pouf! sa voix s’ouvre comme si tout son être s’allumait ou s’enflammait soudainement! L’élégante dame n’est pas Janis Joplin: sa flamboyance n’est que contenue dans sa magnifique voix qui devient puissante par moments, comme légère et soyeuse à d’autres. Une virtuose discrète qui semble s’enivrer dans son chant.

Un exemple… qu’elle n’a pas interprété ce soir, mais qui donne une bonne idée des capacités de la dame:

 

À un certain moment du concert, elle s’est lancée – avec ses musiciens – dans un trip un peu plus ambiant et expérimental, en lançant des bruits et souffles alors que les cymbales grinçaient. Sans que ca ne devienne trop étrange par rapport au reste du répertoire plutôt classique, en jazz comme en chanson, Youn Sun Nah a relancé le morceau d’une voix impériale alors que son quatuor travaillait un crescendo doucement chaotique. Elle enchaîna avec une version entraînante de Jockey Full of Bourbon de Tom Waits, montrant encore une fois la grande versatilité de sa magnifique voix.

Après un début de performance plutôt lent, dans cette belle grande et noble salle qu’est le Monument-National, Youn Sun Nah s’est ouverte comme une fleur, pour le doux plaisir des spectateurs.

 

YOUN SUN NAH jouait au Monument-National, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, le mercredi 28 juin 2017

Lire nos autres articles sur le Festival de Jazz de Montréal ici!

 

Réagissez à cet article / Comment this article

commentaires / comments

About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
Google+

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.