Pour la quatrième fois en moins d’un an, le groupe indie-pop Alvvays était de passage à Montréal. Cette fois, la formation torontoise s’offrait le Théâtre Corona. Audacieux? Peut-être un peu trop, puisque le balcon était fermé, et le parterre étai loin d’être rempli. La bande de joyeux lurons menée par la chanteuse Molly Rankin a livré une bonne prestation, malgré une sonorisation souvent moyenne et les problèmes de voix de Rankin.

On peut retenir principalement deux choses de ce spectacle. Tout d’abord, le seul et unique album du groupe, éponyme et sorti en 2014 (et qui s’est retrouvé sur la courte liste du Prix Polaris 2015), est diablement efficace, même s’il est musicalement plutôt simple. Les refrains sont accrocheurs, irrésistibles et savoureux. Du vrai bonbon : on ne peut que hocher la tête et taper du pied. Les motifs arpégés aux deux guitares électriques s’enchaînent et virevoltent de belle manière. Alvvays a joué les neuf pièces de son album, et on constate qu’il n’y a aucun morceau faible, à peine un ou deux plus ordinaires. Atop A Cake, Adult Diversion, Ones Who Love You, Party Police et Archie, Marry Me sont de vrais bijoux pop-rock.

Ce qu’on peut ensuite retenir, c’est malheureusement la performance en dents de scie de Molly Rankin. Était-elle fatiguée, enrhumée ou simplement dans une mauvaise journée? Pourtant, elle semble s’amuser et a vraiment un air sympathique et attachant, en plus d’une bonne présence scénique. Mais plus de la moitié des pièces sont chantés d’une voix fausse qui manque souvent de puissance et de projection. Durant la très bonne Next Of Kin, c’en est désagréable, voire souffrant. L’interprétation est un peu bâclée, avec un phrasé qui est également déficient. Sa voix est intentionnellement traînarde et décontractée, ça fait partie de son identité musicale, mais on sentait toutefois un léger manque d’engagement. On sait pourtant qu’elle est capable de faire mieux; elle l’a montré avec de très bonnes interprétations de Ones Who Love You et Atop A Cake. Molly Rankin n’est pas une chanteuse à voix, on le savait, mais on s’attendait à mieux.

Une sonorisation très ordinaire n’a pas aidé l’expérience de concert non plus. Un bruit invasif était toujours présent, et on l’entendait plus quand les instruments se taisaient. Le son des instruments était un peu diffus, faisant un peu trop shoegaze, même si l’effet était sûrement recherché. Les problèmes de sonorisation et la voix souvent fausse de Molly Rankin ont donc pu être compensés par les excellents compositions du groupe et le bon niveau de jeu des cinq musiciens.

On pouvait par ailleurs s’attendre à un spectacle court, mais intense. C’est exactement ce qu’on a eu, avec moins de 60 minutes de musique. L’album ne fait que 32 minutes, et Alvvays a joué des reprises de Hummingbird et de Camera Obscura. Le groupe a aussi joué quelques nouvelles compositions qui s’inscrivent dans l’esprit du premier album. On attend ce nouvel opus avec impatience!

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.