Fondé en 1981, Arion Orchestre Baroque jouit d’une solide réputation en tant qu’orchestre de musique ancienne jouant dans le style et les instruments de l’époque. Arion s’est associé au violoniste et chef Stefano Montanari pour son 29e disque. Paru en mai dernier, « Les trésors cachés d’Italie » entend démontrer que le répertoire italien concertant pour violon des 17e et 18e siècles ne se limite pas aux seuls Vivaldi et Corelli. On y découvre ainsi de brillantes et profondes œuvres, qui sont toutes interprétées avec brio.
On peut écouter Montanari et des musiciens de l’Orchestre nous expliquer comment ils ont abordé les enregistrements.

Arion et Stefano Montanari nous offrent un généreux disque, comprenant cinq concertos pour violon et orchestre, pour une durée totale de plus de 70 minutes. Des cinq compositeurs, deux (Carlo Alessio Razetti et Antonio Maria Montanari) ont vécu strictement dans l’époque baroque, alors que les trois autres (Cristiano Giuseppe Lidarti, Pietro Nardini et Maddalena Lombardini Sirmen) ont connu la période classique des Haydn et Mozart. Le Concerto grosso de Montanari est plutôt simple et court, et pas nécessairement le meilleur du lot (même s’il est le seul à ne pas suivre la structure traditionnelle de mouvement rapide-lent-rapide). L’œuvre de Razetti est certainement la plus agitée et tumultueuse des cinq. L’Orchestre et le soliste en font une interprétation fervente et passionnée.
Montanari et des musiciens de l’Orchestre nous parlent brièvement des œuvres qu’ils ont enregistrées, en plus de nous faire écouter des extraits.

Le Concerto de Lidarti est très animé, presque héroïque, et contient de très beaux moments (les plus réussis du disque). Noté Presto, le finale est flamboyant : le soliste est sensationnel, tout en y allant de passages plus lyriques. Nardini, grand violoniste du 18e siècle, est le plus connu des compositeurs joués sur le disque. Le mouvement lent, Adagio, est merveilleux et interprété avec grâce et élégance. Élevée et éduquée à l’Ospedale dei Mendicanti (où était dispensée une éducation musicale de qualité, dans le même type d’établissement dans lequel Vivaldi œuvrait), Maddalena Lombardini Sirmen est une des rares compositrices de l’époque dont les œuvres ont survécu. Sa musique est rafraîchissante et rappelle celle d’un jeune Haydn. L’interprétation est vivante et dynamique.

Enregistré à l’église Saint-Augustin-de-Mirabel, « Les trésors cachés d’Italie » a une excellente prise de son, claire et limpide. Les 17 musiciens d’Arion ont fait un très bon travail et la directrice artistique et productrice déléguée, Claire Guimond, a bien orienté ses troupes, avec un apport colossal de Stefano Montanari. L’Orchestre est capable des plus grands écarts de volume, de fortissimo à pianissimo, tout en étant toujours juste et précis. Notons en terminant que cet album est en nomination dans la catégorie Disque de l’année – Musiques médiévale, de la Renaissance, Baroque, Classique, au prochain Gala des Prix Opus, qui se tiendra le 1er février prochain.

Arion Orchestre Baroque  trésors cachés d'Italie

ARION ORCHESTRE BAROQUE
Les trésors cachés d’Italie
(early-music.com, 2014)

-Genre : classique, époque baroque
-Dans le même genre que Vivaldi, Corelli, Telemann

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ARION et STEFANO MONTANARI : L'Italie, au-delà de Vivaldi et Corelli
ORIGINALITÉ 70%
AUTHENTICITÉ 85%
ACCESSIBILITÉ 75%
DIRECTION ARTISTIQUE85%
QUALITÉ MUSICALE90%
81%Overall Score
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94%

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.