Parfois des albums passionnants arrivent de nulle part, de groupes complètement inconnus. C’est le cas de « General Dome » du groupe américain Buke & Gase. Leur musique est intense, puissante (Houdini Crush) un peu dans la vague Arcade Fire, à la différence qu’il met en vedette la voix d’une demoiselle, Arone Dyer.

Cette dernière arrive à suivre une rythmique parfois complexe, démontrant une maîtrise de son organe, capable de passer de la douceur aux grognements. Dyer n’est pas seule à tenir le micro. Aron Sanchez la rejoint à quelques occasions, créant de beaux dialogues (In the Company of). D’une manière générale, la musique de Buke & Gase est assez intense, mais demeure dans le registre indie rock. À quelques occasions, quand même, ils mettent toute la gomme au niveau disto et ça devient une coche plus méchant (General Dome).

Mais sur la plupart des pièces, on pourrait les comparer à une version plus brute, plus musclée de Blonde Redhead ou The Do (Hard Times), pas si loin, au fond de ce que fait Merill Garbus avec tUnE-yArDs.

Quelques moments plus expérimentaux – mettant en vedette la voix d’Arone Dyer – sont aussi au programme, comme l’interlude Sturtle et les notes de guitare de You Do Yours First, qui rappellent certains moments de Fugazi. On a ici un album passionné et passionnant. Un de mes coups de cœur de 2013, qui perdure depuis.

La pièce suivante, Misshaping Introduction, est parue sur un EP en 2012, mais elle est dans la même veine que celles de « General Dome »

Originaires de Brooklyn (nouveau centre de créativité d’où viennent plein d’excellents groupes depuis quelques années), Arone Dyer (la fille) et Aron Sanchez (le gars) innovent en créant de nouveaux instruments, basés sur un ukulele baryton à 6 cordes et sur un instrument hybride entre la guitare et la basse.

On les voit en action, dans une performance acoustique dans ce clip (ils nommaient leur groupe légèrement différemment à l’époque : Buke and Gass).

 

Les deux musiciens manipulent également une panoplie de pédales qui contrôlent les percussions. Ils ont été découverts par les frères Dessner, du groupe The National, qui les avaient vus jouer et ont été impressionnés par « la masse de bruit » que ce duo pouvait produire. Une formation aussi impressionnante sur disque que sur scène, d’après ce qu’on peut lire sur les sites spécialisés.

buke and gass

BUKE & GASS
General Dome
(Brassland, 2013)

Lien vers l’achat en ligne (BandCamp)
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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.