Dan Snaith et sa cohorte nous ont soumis à toute une cérémonie, débordante d’admirables vacarmes «groovy», hier soir au Métropolis, dans le cadre de la visite de Caribou à Montréal. C’est devant une salle saturée au cube d’admirateurs électrisés que le groupe présentait son dernier, hallucinant et très récent album « Our love ». L’Ontarien d’origine n’a pas perdu une seconde en ouvrant son concert avec la pièce-titre du disque et en propulsant le spectacle, dès les premiers instants, à des niveaux vertigineux. Le savant fou de la musique électro était escorté pour l’occasion par le bassiste J. Schmersal, le guitariste Ryan Smith et le batteur Brad Weber. En effet, si les performances des artisans électroniques sont souvent taxées de statiques, nous avons plutôt eu droit ici à de la haute voltige de la part d’un quatuor ne se gênant aucunement d’improviser ici et là donnant au tout un ton de jam endiablé, ce devant public conquis.

 

Ainsi, lorsque Snaith prenait notamment place, sur son tabouret, afin de nous marteler les tympans, aux sons d’une seconde batterie, le tout revêtait plus l’apparence d’un «show» de gros rock lourd qu’aux tintamarres programmés auxquels on pourrait s’attendre d’un DJ londonien. Des bruitages électroniques aux pulsations psychédéliques de synthés distorsionnés en passant par des rythmes monstrueusement forts, superposés à des chants et orgues très souls; le rendu incandescent fut très organique, et oh combien jubilatoire. Le nouvel album a été joué presque dans sa totalité, exception près de deux-trois pièces, en provenance du non moins génial «Swim». Impossible de rester sur place et de glace devant cet hypnotisant délire musical qui a fait danser tout le Métropolis en entier.

 

Caribou2

 

Seul léger bémol, du balcon, j’ai passé près du quart du concert, les pupilles baignées de lueurs blanches, aveuglées par les spots surtout dirigés vers la foule. Ceci dit, c’est l’une des performances scéniques qui m’a le plus surpris et enchanté cette année, tous genres confondus. Un «trip» total de superpositions sonores ne cessant d’ajouter couche par-dessus couche de sons ingénieux aux échos d’extase d’une foule en délire. Si j’ai toujours célébré Caribou sur disque, c’est décidément sur scène que cette musique prend tout son sens. Snaith arborait un sourire triomphant du début à la fin lundi soir; Caribou était clairement au sommet de son art vis-à-vis, à Montréal, du plus gros attroupement de «fans» prévu de sa tournée en Amérique du Nord.

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.