L’album de l’année, en 2009, pour plusieurs médias couvrant la musique, était ce « Veckatimest » de Grizzly Bear. Et bien que j’aie vu cet excellent quatuor de Brooklyn à plusieurs reprises en concert à Montréal, je n’avais jamais vraiment pu prendre le temps d’écouter attentivement ces 12 chansons.

Excellents en concert, surtout au niveau des harmonies vocales et de la qualité musicale, je me doutais bien que « Veckatimest » serait un opus solide. Et c’est le cas. Les compositions sont riches et élaborées (All We Ask) exécutées avec un calme olympien. Et c’est ce qui est le plus surprenant avec Grizzly Bear: ces quatre gars sont intenses mais tellement relax à la fois. Sur Fine For Now, ils sonnent comme Crosby, Stills, Nash and Young en plus modernes, avec une touche électrique ambiante à la Sigur Rós en prime. Magistral!

La grande force de Grizzly Bear est la qualité des chanteurs qui composent le groupe. Chacun d’Edward Droste (claviers, omnichord), Daniel Rossen (guitare, banjo, claviers) et Chris Taylor (basse, flûte et maits instruments) peut porter le chant principal, le batteur Christopher Bear enrichissant l’œuvre avec de superbes harmonies. Sur Cheerleader, on sent une certaine affiliation avec les groupes indie rock tels Arcade Fire, Shearwarer ou Lost in the Trees.

Grizzly Bear a ce petit extra au niveau de la livraison, autant sur disque que sur scène d’ailleurs, qui les élève au-dessus de la mêlée. C’est difficile à mettre en mots mais parlons d’un sceau de qualité. Ce ne sont pas tous les groupes qui peuvent attaquer une chanson folk comme Dory avec un méli-mélo de voix. Patrick Watson peut-être, dans un style plus jazz que le folk (élaboré) de Grizzly Bear.

grizzly-bear-photo

Ces quatre gars ont visiblement écouté une quantité impressionnante de folk des années 60 et 70 pour en arriver là. Si j’avais à gager, je mettrais un p’tit 2$ que CSN&Y, Nick Drake, Tim Buckley et Frank Zappa (pour la richesse des arrangements et la complexité des mélodies) ont fait partie de leurs influences majeures.

Le nom « Veckatimest » vient du nom d’une île isolée dans le Cape Cod, où le groupe a enregistré l’album. Ils l’appellent leur « album pop », probablement le plus accessible de leur œuvre.

Après l’album « Shields », en 2012, le band prend une pause, permettant à ses membres de s’embarquer dans des projets solo.

GRIZZLY BEAR
Veckatimest
(Warp, 2009)

-Genre: indie folk
-Dans le même genre que Tim Buckley, Sigur Rós, Arcade Fire, Radiohead

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.