L’Irlandaise Imelda May a fait paraître son quatrième album en avril dernier en Europe, mais de ce côté-ci de l’Atlantique, Verve Records a rendu disponible « Tribal » la semaine dernière. C’est un album qui porte d’ailleurs bien son nom. May y ravive l’énergie primaire du rock avec un rockabilly assumé et convaincant.

Presque un manifeste, la chanson-titre donne le ton à l’album et Imelda May s’affirme sans ambages : « When you look in the mirror, tell me what do you see, Someone new or your ancestry?, You’re a king, you’re a queen, you’re a wizard, a fool, Or if you’re me then rockabilly rules ». Sur Wild Woman, la guitare est lourde et entraînante et l’Irlandaise y va d’une affirmation de liberté : « There’s a wild woman livin’ inside of me, A wicked, wicked wild woman dyin’ to be free ».

Son talent de conteuse est à l’honneur sur la très rythmée Hellfire Club, avec un solo de guitare enflammé. Sur l’ensorcelante I Wanna Dance, on a justement le goût de danser! L’excellente Five Good Men est irrésistible; du rockabilly à l’état pur, avec guitare dynamique, slap bass efficace (à la contrebasse!) et prestation vocale excentrique (avec un peu d’écho dans la voix aussi). Right Amount Of Wrong est un autre bijou rockabilly, une chanson d’amour version rock ‘n’ roll : « I like a little bit of bad in a good, good man, A little bit of mad can be a whole lotta fun ».

Imelda May sait aussi se faire cajoleuse et langoureuse à l’occasion, comme sur la très belle ballade Gypsy In Me. Little Pixie est une petite perle, avec un beau jeu de guitare et la voix feutrée de May. Wicked Way et Ghost Of Love sont aussi de superbes ballades bien construites musicalement. La groove est country sur It’s Good To Be Alive, rappelant les racines du rockabilly (rock et hillbilly!).

C’est donc un album très solide et diversifié que nous offre Imelda May. Très rafraîchissantes, les quelques ballades sont judicieusement insérées aux côtés des chansons au tempo plus rapide, voire frénétique. May est à l’aise dans les deux styles, mais c’est dans les pièces rockabilly qu’elle se défonce vraiment et nous donne le goût de danser et de sauter.  Je n’avais jamais eu la chance d’écouter auparavant Imelda May, mais cet album est séduisant et me fait penser à des artistes rockabilly des années 50 comme Wanda Jackson et Barbara Pittman, mais aussi à des groupes de la résurgence rockabilly du début des années 80 comme The Stray Cats et The Cramps.

imelda may tribal
IMELDA MAY
Tribal
(Verve, 2014)

-Genre : rockabilly
-Influencée par Wanda Jackson, Barbara Pittman, The Stray Cats, The Cramps

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IMELDA MAY : Déesse du rockabilly
Originalité75%
Authenticité85%
Accessibilité80%
Direction artistique85%
Qualité musicale90%
Textes80%
83%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.