Parmi les gens les plus passionnés par la musique, il y a ceux et celles qui travaillent dans l’industrie: chez les labels, les relationnistes de presse, les promoteurs de concerts, les gestionnaires de salles de concerts, les journalistes culturels, etc. RREVERB propose une série d’entrevues avec les artisans passionnés de la musique.

Cette semaine, rencontrons…

ISRAËL DENIS-FLAGEOLE

Quel est votre nom, quel est votre rôle dans l’entreprise musicale où vous travaillez, et depuis quand y œuvrez-vous? D’où êtes-vous et où vivez-vous maintenant?

israel denis flageole believe DEPIsraël Denis-Flageole, je suis chef de produit chez DEP Distribution & Believe Digital Canada. Employé du mois depuis 2009! Je suis originaire de Val-d’Or en Abitibi et je suis à Montréal depuis 2007.

Quand avez-vous commencé à travailler dans l’industrie musicale?

J’ai réellement débuté dans l’industrie avec mon travail chez DEP Distribution, j’étais coordonnateur Web et marketing à l’époque. Petit à petit, j’ai fait mon chemin dans la compagnie jusqu’à chef de produit. Le chef de produit c’est le point de chute du label chez son distributeur.

Quand avez-vous commencé à aimer la musique?

Le plus loin que je me souvienne, j’adorais écouter les disques de mon père, les caisses de long-jeu dans le garage et surtout, regarder les pochettes de disques! J’ai rapidement été le gars qui apporterait des disques à l’école pour les journées « bring your own music » (j’ai fait l’école à vocation artistique) et c’était malheureusement mon disque qui ne tournait pas de la journée…

Ça l’air qu’à 11 ans, les Stones ce n’est pas la grosse affaire… Avec le recul, c’est vrai que « Steel Wheels » ce n’était pas trop hot pour des kids qui veulent juste faire du « necking » en écoutant les Backstreet Boys.

 

À 20 ans, quel était votre rêve (dans le domaine musical)?

Mon rêve à 20 ans, ce n’était pas la musique, c’était le cinéma et les communications. Pour moi, la musique, c’était une passion, un hobby! Je n’aurais jamais cru un jour travailler dans ce domaine. J’suis très fier de mon corps de métier finalement.

Avez-vous été musicien/enne? Racontez-nous votre carrière.

Comme pas mal tous les gars en Abitibi qui ne font pas de ski-doo ou de motocross, on n’avait pas bien le choix de se partir un « orchestre ». On a joué pas mal à la Polyvalente, dans tous les « talent show » et à la graduation, ce genre d’affaires là. C’était pas mal absurde nos trucs. J’aime bien réécouter notre vieux stock, ce n’était pas si mal, mais je ne nous donnerais pas un deal de distribution… J’ai continué à jouer pas mal à l’Université. Jouer de la guitare, ça aide dans bien des domaines, si vous voyez ce que je veux dire.

SUR L’INDUSTRIE MUSICALE

En vivez-vous?

Oui, c’est du 24/7 ce business-là !

Est-il encore possible aujourd’hui de gagner sa vie dans l’industrie musicale? Que faut-il faire pour y arriver?

Je crois que oui. Autour de moi, il y a plein d’exemples de réussites. Des labels, des artistes qui ne partent de presque rien, simplement du talent brut et une tête de cochon. Il faut simplement garder le cap sur son objectif, tout essayer pour se démarquer et ne pas avoir peur de sortir de chez soi. Il faut être partout, tout le temps. Ne pas avoir peur de parler aux différents acteurs de l’industrie et surtout, pratiquer son pitch.

Mais pour ça, il faut croire en son potentiel. Que tu sois un artiste ou quelqu’un qui fait du copier/coller dans des fichiers Excel, l’important c’est de croire en ce que tu fais, croire en l’entreprise pour laquelle tu travailles, croire au projet que tu es en train de monter, à l’album que tu enregistres. Si ne t’as pas confiance en ton produit, oublie ça. Je ne suis pas en train de vous dire que tu peux rouler sur l’or, mais les expériences sont pas mal plus enrichissantes qu’un gros chèque.

megadeth FEQ

Backstage, au show de Megadeth au FEQ, été 2015

Quelle(s) rencontre(s) a(ont) été déterminante(s) dans votre carrière dans l’industrie musicale?

C’est très drôle, car c’est un de mes très bons amis qui quittait son poste chez DEP et qui m’a suggéré de postuler. Je travaillais chez La Baie à l’époque, fraîchement sorti de l’université. Mes collègues chez DEP Distribution ont pas mal tous été des rencontres enrichissantes qui m’ont permis de grandir dans l’industrie.

Georges Tremblay et Maurice Courtois ont réellement eu un impact sur ma carrière. J’ai appris beaucoup grâce à eux et grâce à la confiance qu’ils m’ont accordée dès les débuts. Je ne peux pas passer sous silence l’apport des producteurs qui m’ont fait confiance également. Je peux maintenant en considérer plusieurs comme des amis maintenant.

Qu’aimez-vous dans votre emploi / occupation actuelle?

J’aime pouvoir m’impliquer à 100%. Le plus gratifiant, c’est quand tu constates que tout ce que tu as donné comme idées, conseils et commentaires a été considéré et que ça ait pu contribuer au succès du projet. Dans ces cas-là, être impliqué dès les débuts, ça te pousse à t’investir émotivement dans quelque chose. C’est, je crois, la meilleure stratégie pour apporter un projet à un niveau supérieur.

Stromae 2011

Promo avec Stromae, 2011

C’est certain qu’il y a tous les à-côtés du travail aussi : les voyages, les shows, la période de festivals durant l’été, les galas et les jurys de toutes sortes. Je dois avouer que quand tu veux avoir du fun tout en travaillant, l’industrie de la musique, c’est vraiment la place.

Que changeriez-vous de l’industrie musicale d’aujourd’hui?

J’encouragerai les médias à pousser les talents qu’on a ici au Québec. Il faut promouvoir la relève et les aider en montrant leur visage à la télé, tourner leurs chansons et leur offrir une tribune. Certaines émissions de télé et certaines radios le font très bien. Mais il y a toujours place à l’amélioration. Il faut exposer notre talent!

Quel grand rêve n’avez-vous pas encore accompli?

Avoir un bureau à Nashville! Me semble que ça doit être malade de pouvoir travailler et JUSTE porter du jeans.

Le vinyle, la cassette, le CD ou le digital?

Le numérique et plus précisément les services d’écoute en continu, en occurrence Rdio (cliquez ici). Il faut toujours être à un clic d’une bonne chanson, peu importe le moment.

SUR LES ARTISTES ET LA MUSIQUE

Vos styles de musique préférés? Est-ce que ç’a toujours été le cas dans votre vie?

J’suis très rock, métal et country. Mais sinon (attention au cliché ici) j’écoute de tout! Je n’ai pas vraiment le choix de toute manière!

israel denis flageole vinyles

Sur une île déserte, vous emmèneriez ces 5 albums (pas plus).

Outch. Okay…
–    Brand New – Déjà Entendu (Juste à cause que je dois en choisir un seul de leurs albums. Pour les soirs quand je feel adolescent.)
–    Zac Brown Band – The Foundation (Meilleur album pour se faire du BBQ et descendre quelques bières entre amis assis dans une boite de pickup.)
–    Red Fang – Murder the Mountains (Pour bien débuter la journée.)
–    ZZ Top – Tres Hombres (Y’a jamais assez de grosses barbes dans la vie.)
–    Puis là, je dois ajouter un album de Neil Young. C’est difficile. Ça va sûrement être Everybody Knows This Is Nowhere. Il y a juste des hits là-dessus!

Playlist!

 

 

Quel est l’artiste le plus sympathique que vous ayez rencontré?

J’imagine que Michel Pagliaro, Mononc’ Serge, Karim Ouellet et Paul Van Haver, dit Stromae, seraient sur la liste.

Qui aimeriez-vous rencontrer?

Voici mon top activités avec une personne que je voudrais rencontrer. (J’suis un gars de top 5. Très “High Fidelity”.)
1.    Aider ‎Billy Gibbons à réparer son vieux Ford Thunderbird.
2.    Siroter un slush bleue avec Katy Perry.
3.    Faire un weekend de chasse avec Johnny Cash.
4.    Se lancer la balle avec John Fogerty.  
5.    Partager un pichet de draft avec Marcel Martel.

katy perry wink

Cheers, Israël!

Merci Israël!

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About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.