Il y a des ces albums qu’on veut (trop?) aimer. Des artistes qu’on admire pour toutes sortes de raisons : parce qu’ils nous font vibrer, qu’on veut faire connaître, dont on parle à nos amis. James Blake est pour moi l’un de ceux-là. Découvert il y a deux ans grâce à sa magistrale reprise de la chanson Limit to your love, une perle de Feist et son complice pianiste Gonzales, le DJ devenu chanteur soul émouvait avec sa voix magnifique, empreinte de vulnérabilité, mais livrée avec l’assurance d’un vieux pro, d’un artiste soul Noir.

Le revoici avec un album complet, intitulé « Overgrown ». Un disque intéressant, certainement meilleur que tout ce qui peut jouer à la radio commerciale, mais pas aussi transcendant que je l’aurais souhaité. Les premiers morceaux sonnent plus tristes que mélancoliques (la pièce titre) à la JJ Johansson. Il faut attendre à la 5e pièce, Retrograde, pour vibrer un peu : Blake, sur un rythme élémentaire, laisse sa voix librement s’envoler dans de jolies vocalises murmurées. C’est plus soul que ténébreux, ça remue là où ça fait mal. C’est d’ailleurs ce morceau qui fut le premier single de cet album : il fut classé #10 au Danemark, mais ne fit pas mieux que #87 au Royaume-Uni.

Je vous laisse juger par vous-même:

 

Avec l’arrivée de Rhye dans ce créneau, avec un album fort réussi, James Blake n’a plus le monopole des voix masculines touchantes, accompagnées de musiques inspirées. Le Britannique de tous justes 24 ans a toujours un avantage au niveau des platines et des montages sonores (Digital Lion), avantage importé de ses années passées dans les boots de DJ et en studio, à triturer les sons. Sa musique est recherchée, tout en demeurant aérée (To The Last), ce qui est déjà un exploit en soi.

 

Le Londonien a lancé un premier album, éponyme, en 2011 qui s’est rendu en finale aux prestigieux Mercury Music Prize. On le considère comme l’un des précurseurs du mouvement post-dubstep et est l’un des rares artistes de musique électronique à si bien se débrouiller au micro.

JAMES BLAKE
Overgrown
(Polydor, 2013)

-Genre: electro
-Dans le même style que Rhye (en moins sensuel) et Black Atlass

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.